Pierre Gattaz présente le projet du Medef pour créer un million d'emplois d'ici 2020.
Pierre Gattaz présente le projet du Medef pour créer un million d'emplois d'ici 2020. © Radio France

Pierre Gattaz présente aujourd'hui le projet du Medef pour créer un million d'emplois d'ici 2020. Le patron des patrons assure qu'il ne remet pas en cause le salaire minimum, ni la durée du temps de travail, mais souhaite tout de même des aides supplémentaires de l'Etat et des assouplissements.

Le document présenté aujourd'hui n'est qu'une base de travail et doit mener à de nouvelles négociations. C'est en tout cas dans cette optique que l'organisation patronale le présente. Quelques éléments avaient déjà filtré ces derniers jours. Désormais, les propositions du Medef sont précisées.Première préoccupation : le coût du travail en France. Le Medef demande de nouveaux allègements de charges pour les entreprises, après les 40 milliards d'euros concédés par le gouvernement. Sur son site internet, l'organisation explique que "les cotisations patronales sont deux fois plus importantes en France que dans le reste de l'Europe" .

Une durée légale du travail n'est plus adaptée. Il faut définir cette durée au niveau de l'entreprise.

Dans la présentation de ce matin, Pierre Gattaz se défend de remettre en cause les 35 heures. Pourtant, l'une des propositions du Medef est bien de modifier la durée du temps de travail des salariés et de l'adapter aux besoins de chaque structure. "Regardons au sein de chaque entreprise la durée de travail : certaines devront remonter à 37, 39, 40 heures pour être compétitives juste par rapport à leurs voisins européens, d'autres devront peut-être se contenter de 32, de 33 heures, parce que tout va bien" a-t-il expliqué.Par ailleurs, le texte présente aussi la possibilité de supprimer deux jours fériés du calendrier.

Le projet du Medef fait en tout cas grincer des dents Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC.

Jean-François Pilliard, vice-président du Medef, était l'invité de Claire Servajean dans le journal de 13h.

Un Smic aidé

Autre proposition de l'organisation patronale : créer des emplois aidés dans le secteur privé. Il s'agit de "réintégrer dans les entreprises les populations très loin de l'emploi, celles qui n'ont pas travaillé depuis un an ou deux ans voire plus" . Ces postes concerneraient des personnes qui touchent le RSA (revenu de solidarité active). Le Medef propose de leur verser un salaire inférieur au Smic actuel, mais qui serait complété par le RSA pour atteindre le même seuil (le Smic est fixé à 1 445,38 euros par mois).En parallèle, Pierre Gattaz continue de dénoncer les emplois aidés dans le public :"Les seuls emplois durables sont les emplois rentables, ce qui n'est pas le cas des emplois aidés publics" .

Alléger le droit du travail

"Notre législation est illisible" , indique une vidéo sur le site internet du Medef. Il préconise donc de simplifier les codes et directives et de privilégier les négociations au sein des entreprises plutôt que par branche ou par secteur. Pierre Gattaz a clos sa conférence de presse ce matin en rappelant "de façon solennelle à nos partenaires syndicaux et gouvernementaux que ce document est un appel à un travail". Les chiffres du chômage pour le mois d'août seront publiés ce soir.

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