La grande distribution et ses fournisseurs sont en pleine négociation commerciale, alors que Carrefour est assigné devant la justice par Bercy.

Le groupe Carrefour a été assigné en justice par le ministère de l'Économie.
Le groupe Carrefour a été assigné en justice par le ministère de l'Économie. © Maxppp / Maxppp

C'est une période généralement à couteaux tirés qui vient de s'ouvrir entre la grande distribution et ses fournisseurs. Il s'agit des négociations commerciales, qui s’achèveront en février 2017, pour discuter notamment des tarifs d'achat des produits pour l'année.

Les négociations actuelles risquent d'être encore plus tendues que les années précédentes car, en parallèle, le ministère de l'Économiea assigné mercredi 9 novembre l'enseigne Carrefour devant le tribunal de commerce, pour des pratiques commerciales abusives. L'affaire remonte à février dernier, pendant les négociations précédentes. L’enquête de la répression des fraudes avait même conduit à une perquisition du groupe. Bercy a donc choisi son moment pour mettre la pression sur la grande distribution , afin que les négociations commerciales se passent le mieux possible.

Préserver les emplois et le pouvoir d'achat

Le message de Bercy est très clair : attention à tous ceux qui ne joueront pas honnêtement le jeu de la négociation commerciale. Comme l'année dernière à la même période, les contrôles de la répression des fraudes vont s'intensifier..

L'assignation de Carrefour en est d'ailleurs un bon exemple, comme l'explique Loïc Tanguy, le directeur de cabinet adjoint de la répression des fraudes : "À partir du moment où on initie l'action, cela conduit généralement à ce que les entreprises cessent leurs pratiques. Par ailleurs, c'est important pour nous de dissuader les autres acteurs de se livrer à des pratiques identiques. In fine, ces procédures conduisent à une sanction, et cela permet de punir le fautif."

Carrefour est soupçonné d'avoir exigé des remises de ses fournisseurs avant même d'accepter de s’asseoir autour de la table des négociations. Une pression, alors qu'il est impératif de garantir l'équilibre entre les parties en présence, affirme Loïc Tanguy : "Cet équilibre entre les partis doit permettre de garantir d'une part le pouvoir d'achat des consommateurs, d’autre part la viabilité des filières amont, de l'industrie agroalimentaire, mais également des producteurs. Et cette viabilité des filières permet de conserver les emplois et de conserver une certaine qualité et une certaine diversité de l'offre. C'est une action d'ordre publique économique." 40 autres affaires sont actuallement devant la justice.

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