Au-delà du divertissement, les drones, même grand public, trouvent toute leur place dans les champs. Avec la promesse de bénéfices pour les agriculteurs et pour l'environnement.

Les drones équipés de capteurs peuvent désormais analyser les sols dans des temps record.
Les drones équipés de capteurs peuvent désormais analyser les sols dans des temps record. © Airinov

Quasiment inexistant il y a cinq ans, le marché des drones civils connaît une accélération inédite. Bien au-delà du divertissement, ce sont les applications professionnelles qui le portent. Car si la valeur de l’appareil en lui-même est vouée à baisser, l’intelligence qui lui est associée – les logiciels embarqués ou les outils d’analyse de relevés effectués – pourrait bien valoir de l’or.

Pour le cabinet de conseil PwC, qui signait en mai dernier une étude sur le sujet, après les infrastructures, c’est bien l’agriculture qui pourrait tirer les plus grands bénéfices de l’utilisation de drones a l’agriculture. Au point de représenter, au niveau mondial, un marché de plus de 32 milliards de dollars. Mais où peut donc se cacher cette richesse (potentielle) ? Dans la promesse d’une production maîtrisée et soutenue, à chacune des étapes.

Que fait un drone ?

Un drone peut survoler et filmer en haute définition des dizaines d’hectares, à une vitesse de 5 mètres par seconde et à plusieurs dizaines de mètres d’altitude pour une version grand public. Cet objet volant produit donc, en temps réel ou en différé, un relevé d’une grande zone géographique – il peut couvrir au moins 8 km sur une charge de batterie de 25 minutes – avec la précision du GPS et en toute autonomie (plans de vol programmés, évitement d’obstacles…).

Evidemment, des versions professionnelles promettent davantage : de meilleures images, une plus grande autonomie, d’une part, mais surtout, des capteurs thermiques ou spectraux, aux multiples applications, ou des systèmes de mesure laser ou à ultrasons.

L’intérêt pour un agriculteur ?

Confronté en même temps à une crise de l’emploi, à un souci de maîtrise des coûts et à des exigences de productivité, l’agriculteur doit se donner les moyens de cibler son effort. C’est là que le drone peut déjà lui rendre de précieux services.

Les images réalisées par le drone permettent déjà de réaliser des modèles en 3D des terrains, de planifier le travail de la terre : labours profond ou simple mise en culture, sur tout ou partie d’un champ. Associées au guidage GPS des engins (en France, un tracteur sur deux en est équipé), ces données promettent des gains de temps et de carburant dans la préparation des sols.

Une analyse spectrale ou thermique d’un champ permet aussi de distinguer les zones irriguées de celles qui ne le sont pas, ou de localiser les secteurs en mal d’engrais. Une approche bénéfique à deux titres : l’épandage ou l’arrosage ciblés réduisant le temps de travail, l’exploitation consomme moins de ressources humaines et de carburant ; on utilise moins de ressources (eau ou engrais), donc on dépense moins et on limite l’impact environnemental.

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Plus efficace et moins coûteux que l’imagerie satellite, le drone est un excellent outil de supervision des cultures : les images sont disponibles en temps réel et leur réalisation est à la portée de tous. Qui plus est, en exécutant un même plan de vol programmé régulièrement, le cultivateur peut analyser la croissance des végétaux dans le temps et agir en conséquence : traiter ou, le moment venu, récolter.

Et demain ?

Certains appareils peuvent déjà effectuer des prélèvements au sol ou appliquer des intrants (engrais, désherbants…) de façon très localisée. Une start-up a même réussi à planter ou semer avec une grande efficacité. Pour décupler les capacités d’analyse, on met désormais en œuvre des essaims de drones. Mais les fabricants de drones ne s’intéressent plus seulement aux performances aériennes de leurs engins : ils investissent dans les capteurs et les logiciels, embarqués ou pas.

Car les applications sont infinies. Les drones interviennent désormais largement dans la surveillance des forêts – 30% du territoire français –, du moins pour ce qui concerne le risque d’incendie. Or ils pourraient faire bien davantage : évaluer la maturité des arbres, les dénombrer, marquer les limites de propriété, apporter des traitements localisés, autant de missions qui incombent aujourd’hui à l’homme, mécanisé ou pas.

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