Qualifiés pour le 2e tour de la présidentielle, les candidats du Front National et de En Marche ! vont s'affronter sur des programmes économiques très différents.

Les programmes économiques des deux candidats divergent sur tous les points
Les programmes économiques des deux candidats divergent sur tous les points © AFP / Eric Feferberg, Joël Saget

Deux candidats, deux mouvements politiques, et des propositions économiques opposées. Au-delà de leurs projets économiques, ce sont deux visions de l'économie française qui s'opposent : là où la candidate d'extrême droite Marine Le Pen dénonce "la mondialisation sauvage" et la "dérégulation qui vient de Bruxelles" selon elle, Emmanuel Macron défend une "France forte dans une Europe forte".

Europe contre protectionnisme ?

Dans le détail, leurs programmes économiques divergent sur toutes les questions. Pour Marine Le Pen, la zone euro et Bruxelles ont "tué notre industrie" : il faut donc mettre en place la préférence nationale, réserver les commandes publiques aux entreprises françaises, et taxer les importations des PME qui embauchent des étrangers. Ces mesures protectionnistes ne se trouvent pas dans le programme d'Emmanuel Macron, qui propose en revanche de réformer l'assurance chômage, en l'ouvrant aux indépendants et aux démissionnaires, mais en supprimant son mode de gestion paritaire par les syndicats et le patronat, pour une reprise en main par le ministère de l'Economie et des Finances.

Là où la candidate FN propose plus globalement une renégociation des traités européens, une sortie de l'Euro et de Schengen et un référendum sur la sortie de la France de l'UE, Emmanuel Macron défend un renforcement de la zone Euro, passant notamment par une harmonisation sociale (sur la formation, la santé, le chômage). Il valide aussi le CETA, l'accord commercial avec le Canada.

Rigueur ou pas ?

Sur les finances publiques, là aussi deux visions radicalement opposées s'opposent. Emmanuel Macron est partisan d'une certaine rigueur, passant par la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires, et 75 milliards d'euros d'économies combinés avec un plan d'investissements de 50 milliards d'euros. Pas question de se serrer la ceinture dans le programme du FN, qui évoque essentiellement des embauches de fonctionnaires, une hausse de leur point d'indice, et des plans d'investissement.

En effet, pour Marine Le Pen, la priorité est avant tout de "rentationaliser la dette française", c'est-à-dire que la Banque de France puisse à nouveau créer de la monnaie pour financer la dette. Elle promet également de baisser le prix du gaz et de l'électricité règlementés, et promet une prime mensuelle de 80 euros versée par l'Etat pour tous les salariés qui gagnent moins de 1.500 euros par mois.

Des baisses d'impôts, mais pas les mêmes

Là où Marine Le Pen promet la retraite à 60 ans avec 40 annuités, Emmanuel reste à 62 ans et met fin à tous les régimes particuliers, avec un alignement de tous les régimes de retraite sur celui du privé. Enfin, sur la fiscalité, la mesure phare du programme "En Marche" est une exonération de la taxe d'habitation pour 80% des Français - une mesure qui coûterait 10 milliards d'euros à l'Etat. De son côté, Marine Le Pen prône une baisse de l'impôt sur le revenu de l'ordre de 10% pour les trois premières tranches.

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