Monnaie euro
Monnaie euro © mammal

La Banque centrale européenne a annoncé ce jeudi une réduction de ses principaux taux directeurs et le passage en territoire négatif du taux de la facilité de dépôt. Une première. Objectif : créer un électrochoc pour relancer l'activité de la zone euro.

Le taux de refinancement a été abaissé de 0,10 point à 0,15 % tout comme le taux de la facilité de dépôt qui passe ainsi en territoire négatif, à -0,10 %. La BCE est la première des grandes banques centrales à se lancer dans l'aventure de taux négatifs.

Hollande et Montebourg satisfaits

François Hollande a immédiatement salué cette annonce à l'issue du sommet du G7 à Bruxelles :

Je voudrais saluer les décisions que la Banque centrale européenne a prises aujourd'hui en baissant les taux d'intérêt et améliorant le financement de l'économie. La Banque centrale a compris que le danger, ce n'est pas l'inflation, c'est précisément la déflation.

Selon le président de la République, l'institut de Francfort a "compris" qu'il fallait faciliter l'accès aux liquidités des banques pour relancer la croissance.

Contacté par France Inter, le ministre de l'Économie Arnaud Montebourg s'est également félicité de la décision de la BCE :

Ce sont de bonnes mesures, car voilà des mois que la France réclame une inflexion significative de la politique monétaire de la Banque centrale européenne.

Une bouffée d'oxygène ?

Cet assouplissement de la politique monétaire de la zone euro était très attendu dans un contexte de faiblesse persistante de l'inflation et d'essoufflement de la croissance. Même si les observateurs jugent faible le risque de voir la zone euro s'enfoncer dans une spirale déflationniste, dans laquelle la baisse des prix et celle des salaires s'auto-alimente, favorisant ainsi le ralentissement de la consommation et de la croissance, la BCE est de plus en plus préoccupée par la faiblesse de l'inflation et du crédit.

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L'économie de la zone euro n'a crû que de 0,2 % au premier trimestre et l'inflation des Dix-Huit a ralenti à 0,5 % en rythme annuel en mai, s'enfonçant ainsi un peu plus dans ce que Mario Draghi, le président de la BCE, appelle la "zone de danger", c'est-à-dire sous 1 % en rythme annuel, alors que la banque centrale vise un chiffre légèrement inférieur à 2 %.

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Le ralentissement des prix à la consommation s'explique principalement par la baisse des cours des matières premières et mais aussi par la modération salariale et par les processus d'ajustement en cours dans plusieurs pays de la zone. Et la vigueur de l'euro ne fait qu'exacerber cette situation.

La BCE en territoire négatif
La BCE en territoire négatif © Idé
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