Ce vendredi débute le premier round de négociations entre organisations patronales et syndicales sur la réforme de l'Assurance chômage. Avec deux objectifs : favoriser le retour à l'emploi, et faire des économies. La solution miracle, pour le gouvernement, serait de réduire l'utilisation abusive de CDD...

La réforme de l'assurance chômage est l'un des enjeux majeurs du quinquennat
La réforme de l'assurance chômage est l'un des enjeux majeurs du quinquennat © Maxppp / Frédéric Dugit

Le chantier est ambitieux : faire économiser à l'Assurance chômage de 3 à 3,9 milliards d'euros sur trois ans. Un impératif d'autant plus pressant pour l'État que l'Unedic a perdu son financement par les cotisations salariales (remplacé par une fraction de la CSG, un impôt donc une partie du budget de l'État).

Emmanuel Macron a demandé aux organisations patronales et syndicales de changer les règles qui pourraient décourager le retour à l'emploi, et d'en créer de nouvelles permettant d'éviter le recours excessif aux contrats courts. Car aujourd'hui, les CDD et l'intérim représentent à eux seuls 40 % des dépenses d'indemnisation de l'Assurance chômage. Autrement dit, près de la moitié des indemnités chômage va à des gens... qui alternent entre périodes de travail et de chômage.

La part des contrats à durée déterminée a atteint un record en 2017 (plus de 12 % de l'ensemble des emplois), et ils représentent une part toujours plus importante des embauches. Autant de futurs chômeurs potentiels, à plus ou moins long terme, à indemniser pour l'Assurance chômage.

Dans son programme de candidat, Emmanuel Macron envisageait un système de bonus/malus : plus une entreprise recourt à des contrats courts, plus elle paye de cotisations patronales pour compenser. Le président de la République l'a confirmé ce vendredi au micro de France Inter.

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Emmanuel Macron : "Toute la réforme qu'on est en train de conduire, c'est de favoriser l'emploi durable"

Par France Inter

Une solution qui ne plait pas au patronat, qui estime qu'elle augmenterait fortement le coût du travail, et aurait un impact négatif sur la compétitivité des PME.

L'alternative, si l'on veut faire des économies sans débloquer plus de revenus, c'est de baisser les dépenses, et donc l'argent qui va aux chômeurs. Et ça, les syndicats n'en veulent évidemment pas. "Nous n'accepterons pas une baisse des droits des chômeurs", annonce déjà le négociateur pour la CGT, Denis Gravouil. "Si le patronat continue de dire qu'il n'est pas question de mettre en place un bonus/malus, qu'il n'est pas question d'augmenter les ressources, il est clair que les négociations vont être difficiles."

D'autant que les partenaires sociaux sont d'accord au moins sur un point : la pression que leur fait subir le gouvernement, qui craint un endettement de 35 milliards d'euros en 2019 si rien n'est fait.

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