[scald=59649:sdl_editor_representation]par Raoul Sachs et Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Les valeurs financières accusent mardi les plus fortes baisses sur les Bourses européennes après que le Premier ministre grec a annoncé la tenue prochaine d'un référendum sur l'accord européen de règlement de la crise de la dette souveraine en zone euro, provoquant un nouveau vent de panique sur les marchés.

La décision de George Papandreou a suscité l'incompréhension, voire la consternation dans la zone euro et devrait devenir une source d'embarras pour les Européens lors du sommet du G20, jeudi et vendredi à Cannes.

L'Elysée a d'ailleurs fait savoir dans un communiqué que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se retrouveront dès mercredi à Cannes pour une réunion avec le Fonds monétaire international, les institutions européennes et des responsables grecs afin de mettre en oeuvre les décisions prises lors du sommet européen.

L'agence de notation Fitch estime que le référendum grec menace la stabilité de la zone euro tandis que les analystes soulignent que la décision du Premier ministre grec compromet la mise en place de l'accord européen de la semaine dernière.

Vers 16h55, les indices Stoxx des banques (-7,26%) et des assurances (-7,6%) accusent les plus fortes baisses sectorielles en Europe et plombent l'ensemble des Bourses européennes.

A Paris, Société générale (-17,09%), Crédit agricole (-13,53%), BNP Paribas (-14,29%) et Axa (-13,38%) inscrivent les plus fortes baisses du CAC 40. Les banques françaises, les plus exposées à la Grèce parmi les banques étrangères, font aussi partie des plus lourdes chutes de l'indice bancaire européen.

A Londres, Barclays perd 10,54%, à Francfort Commerzbank recule de 10,71%. A Milan, Intesa Sanpaolo cède 15,41%

"Cette annonce est de nature à pénaliser la performance du secteur bancaire, eu égard à l'incertitude qu'elle génère sur la mise en place de l'accord européen portant sur la dette grecque", soulignent les analystes de Natixis.

Lionel Jardin, responsable de la vente institutionnelle chez Assya Capital, estime que le "le rally post-sommet semble définitivement terminé."

"BOÎTE DE PANDORE"

"Quand les investisseurs américains vont se réveiller, ils ne vont pas aimer ce qu'ils vont voir. Le referendum est une mauvaise idée qui tombe au mauvais moment. C'est une grosse déception car le marché espérait voir de l'unité au sein de la zone euro. L'annonce vient saper des semaines de travail qui avaient abouti a l'accord de la semaine dernière", ajoute-t-il.

"On voit des longs (acheteurs, ndlr) couper leurs positions sur les bancaires", rapporte-t-il.

Les stratèges taux de Commerzbank soulignent dans une note que les récents sondages montrent que la majorité du peuple grec est contre les nouvelles mesures d'austérité qui accompagnent le nouveau plan d'aide à la Grèce.

"L'ensemble de l'accord est à nouveau remis en question et une restructuration sévère (de la dette grecque) ne semble plus si éloignée", écrivent-ils.

"La spéculation sur une issue négative du référendum et d'une éventuelle sortie de la Grèce de l'Union économique et monétaire semble devoir gagner du terrain", disent-ils.

Les analystes obligataires de la Société générale s'interrogent sur la question qui sera posée au peuple grec et relèvent que certains journaux pensent que le gouvernement finira par demander au Grecs s'ils veulent rester ou non dans l'euro.

Dans ce contexte, l'avenir de l'engagement des banques à prendre une décote de 50% sur les titres de dette grecque suscite des interrogations et le marché se demande si les banques ne devront pas aller au-delà si les Grecs rejettent l'accord européen.

L'Institut de la finance internationale (IFI) a sur ce point réaffirmé la volonté des banques d'appliquer le plan d'échange de dette grecque avec une décote de 50% sur la valeur nominale.

"Le recours au référendum rouvre la boîte de Pandore concernant l'ampleur exacte des pertes qui devront être prises non seulement par les institutions financières, mais aussi par la BCE, ainsi que les partenaires européens", font toutefois remarquer les analystes de CM-CIC Securities.

Dans l'hypothèse d'une victoire du "non" au référendum, "la Grèce pourrait faire défaut, obligeant les banques à constater une décote supérieure à 60% sur la dette souveraine", estiment les analystes de Natixis.

Avec Blaise Robinson, édité par Wilfrid Exbrayat

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