Le rapport recommande de "revisiter complètement l'offre Intercités
Le rapport recommande de "revisiter complètement l'offre Intercités © MaxPPP

Un rapport commandé par le ministre des Transport et remis ce midi préconise d’abandonner plusieurs trains de nuit et des dessertes trop coûteuses sur le réseau Intercités.

Temps de parcours augmentés, régularité en baisse, offre dégradée : un rapport remis ce mardi midi au gouvernement, commandé par le ministre des Transports et que le Parisien s’est procuré, préconise d’abandonner plusieurs trains de nuit et des dessertes trop coûteuses sur le réseau Intercités. Le rapporteur de la commission présidée par le député PS du Calvados Philippe Duron souligne ainsi que "le modèle économique n'est plus viable" et acte notamment la suprématie du car sur les trains de nuit.

Il y a un problème de sécurité et d'attractivité commerciale. Les trains ont en moyenne plus de 35 ans, on ne peut pas attendre

"Il faut revisiter complètement l'offre, dynamiser le réseau et offrir des solutions adaptées à la demande", a ainsi expliqué le député du Calvados, spécialiste des transports, qui doit dévoiler son rapport à la mi-journée. Ainsi, il juge que la priorité est de "renouveler le matériel, c'est une urgence, il y a un problème de sécurité et d'attractivité commerciale. Les trains ont en moyenne plus de 35 ans, on ne peut pas attendre" pour passer les commandes et remplacer les vieilles rames Corail.

Les trains pourraient être remplacés par des TER

Par ailleurs, la commission qu'il préside estime nécessaire de "revisiter le périmètre" de ces Trains d'équilibre du territoire, qui "doivent relier des grandes villes, avec une vitesse, des temps de parcours acceptables". Dans le détail, le rapport préconise ainsi de supprimer les Intercités, ou trains d'équilibre du territoire sur cinq tronçons de lignes, sur lesquelles il existe des dessertes TGV ou TER : Toulouse-Cerbère, Quimper-Nantes, Bordeaux-Toulouse, Marseille-Nice et Saint-Quentin-Cambrai. Les lignes Toulouse-Hendaye et Clermont-Ferrand-Béziers devraient être transférées sur des autocars, selon la commission, qui constate que ces liaisons sont également assurées par des TER. Ces derniers conserveraient les liaisons de cabotage, reliant les petites gares, tandis que les déplacements plus directs entre grandes agglomérations se feraient sur route, grâce à la présence dans ces deux cas d'une "infrastructure autoroutière de très bonne qualité".

Un déficit de 400 millions attendu pour 2015

"Quand vous voyez qu'un train Intercités, pour faire Bordeaux-Lyon, met plus de six heures, là où une compagnie aérienne low-cost met une heure, ça n'a pas de pertinence", souligne-t-il. Il estime néanmoins qu'"il ne doit pas y avoir de territoire qui n'ait pas une offre moderne, efficace", mais que l'autocar peut, dans certains cas, effectuer des liaisons rapides, "quand l'état de la voie ferrée ne permet pas d'atteindre une vitesse comparable". Le député insiste également sur une "nécessaire approche économique et financière viable", alors que le déficit attendu pour 2015 avoisine les 400 millions d'euros.

Beaucoup de lignes sont très proches de la rentabilité, donc il n’y a pas lieu de les supprimer

"Nous sommes inquiets… L’heure de vérité est arrivé : est-ce un jour noir pour les Intercités, ou au contraire pouvons nous espérer un reflexe de sauvegarde de ces transports indispensables entre les TGV et les TER ? Beaucoup de lignes sont très proches de la rentabilité, donc il n’y a pas lieu de les supprimer. D’autres lignes sont effectivement moins rentables, tandis que d’autres sont entre les deux et pour lesquelles avec un effort de marketing, de réduction des coûts et de modernisation des matériels, il est possible de les conserver.", explique Bruno Gazeau, président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports, la Fnaut.

"L’heure de vérité est arrivée pour les lignes Intercités" - Bruno GAZEAU (Fnaut) :

0'47

"L'heure de vérité est arrivée pour les lignes Intercités" - Bruno GAZEAU (Fnaut)

"Nous sommes favorables à un appel à projet sur ces lignes Intercités, ajoute-t-il, qu’elles soient ouvertes à la concurrence, de façon à pouvoir montrer qu’il est possible de faire mieux avec des prix moins élevés."

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.