Le principe d'un revenu universel sera l'un des thèmes du premier débat de la primaire à gauche. Les sept candidats confrontent leurs idées ce soir sur TF1, LCI et Public Sénat.

Vers un revenu universel?
Vers un revenu universel? © Sipa / Xavier Vila

Le sujet qui commence à monter dans la campagne de la présidentielle à gauche est celui d'un revenu universel. Benoit Hamon est le candidat qui va le plus loin. Il a d'ailleurs inscrit le sujet dans son programme.

L'idée vient de la droite

Car toute la question est de savoir si le revenu universel remplace toutes les aides sociales ou vient en complément. En Grande-Bretagne en 1795, tous les pauvres reçoivent une allocation indexée sur le prix du pain et la taille de la famille pour éviter les émeutes de la faim.

Ce revenu, appelé "loi des pauvres", vient en complément des salaires. Le révolutionnaire britannique, américain et français Thomas Paine propose en 1834 l’instauration d’une dotation versée à chaque individu atteignant la majorité puis l’âge de la retraite, financée par une rente foncière. Thomas More l'a aussi théorisé dans son ouvrage Utopia. Objectif : réduire les inégalités et lutter contre la pauvreté.

L’impôt négatif, lui, est formulé en 1962 par Milton Friedman. L'économiste américain libéral propose un crédit d’impôt sur la différence entre le revenu effectivement gagné par le foyer et le seuil qui se trouve au-dessus.

Le débat est introduit en France en 1974 sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. Un revenu plutôt que des aides sociales. La mesure est critiquée à gauche, notamment par Laurent Fabius, qui considère qu’elle s’accompagnerait d’un démantèlement de l’État social. Valéry Giscard d’Estaing reprend l’idée dans son programme de 1974, puis l’écarte.

Le député LR Frédéric Lefebvre a proposé une allocation universelle "sans contrepartie et dès la naissance". Objectif : éliminer "tout ce maquis de système d’allocations, d’aides sociales et (…) toutes ces administrations qui les gèrent, qui les contrôlent".

La Finlande se lance

La Finlande fait l'expérience du revenu universel depuis le 1er janvier 2017
La Finlande fait l'expérience du revenu universel depuis le 1er janvier 2017 © Maxppp / Maxppp

2.000 demandeurs d’emploi de 25 à 58 ans ont été tirés au sort. Ils vont percevoir, à partir de ce mois de janvier 2017, 560 euros par mois à la place de leur allocation chômage pendant deux ans. S'ils percevaient auparavant des allocations chômage supérieures à 560 euros, la sécurité sociale leur versera la différence. La nouveauté, c'est qu'ils pourront accepter un emploi. Quel que soit le montant du salaire, ils continueront de toucher les 560 euros par mois.

Le groupe sera ensuite comparé à un autre groupe de 2.000 chômeurs qui, lui, n'aura pas vu de différence dans son traitement. Objectif : constater si, oui ou non, ceux qui ont reçu les 560 euros mensuels se sont reposés sur leurs lauriers, ou s'ils ont malgré tout cherché du travail, lancé leur entreprise...

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L'Alaska précurseur

Le premier État à l’avoir mis en place, c'est l’Alaska. Les premiers essais de ce morceau reculé des États-Unis remontent à 1976, avec la création de "l’Alaska Permanent Fund ", un fonds souverain financé grâce aux revenus issus du pétrole. En 2014, chaque habitant d'Alaska a perçu 1.884 dollars par an, soit environ 1.700 euros.

Aux Pays-Bas, une trentaine de municipalités mènent depuis janvier 2016, des projets pilotes. A Utrecht, 300 citoyens participent à l’expérience. Le revenu de base remplace les aides sociales.

Et le département de la Gironde a annoncé qu'il testerait le revenu universel prochainement.

Et les surfers dans tout ça?

Les surfers de Malibu devraient-ils bénéficier d'un revenu universel?
Les surfers de Malibu devraient-ils bénéficier d'un revenu universel? © Maxppp / Jonathan Alcorn

Est-ce que les surfers de Malibu devraient eux aussi percevoir un revenu universel, alors qu'ils passent leurs journées à surfer?

La question a été posée dans les années 70 par le philosophe politique américain John Rawls, auteur de Théorie de la justice, œuvre majeure du XXe siècle étudiée dans le monde entier. L'idée est de mettre en avant le fait que des personnes considérées par certains comme des "parasites" de la société ne devraient pas recevoir un salaire sans apporter une contribution à la société.

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