Emmanuel Macron devait annoncer la date de généralisation du service national universel (SNU) lors de sa visite à Amiens. Sur fonds de protestation étudiante contre la précarité des jeunes, le dispositif essuie les critiques des organisations universitaires.

L'université d'Amiens
L'université d'Amiens © AFP / FRANCOIS LO PRESTI

Avec la visite de l'université de Picardie, l'inauguration d'"Amiens for Youth" capitale européenne de la Jeunesse pour 2020, jeudi et un déjeuner avec des jeunes en service civique vendredi, Emmanuel Macron tente d'apaiser la colère qui gronde depuis deux semaines. 

Le chef de l'État évoquera lors de son discours à l'université, la précarité dans laquelle vivent de nombreux étudiants et le geste de désespoir d'Anas, 22 ans, qui s'est immolé par le feu le 8 novembre dernier. Mais aucune mention ne serait faite du Service National Universel (SNU). La date de sa généralisation à l'ensemble des jeunes, après une période d'expérimentation l'été dernier, devait pourtant être annoncée. Elle a pour l'instant été mise sous le tapis. Car le dispositif, promesse de campagne d'Emmanuel Macron alors candidat en 2012, est en ce moment sous le feu des critiques.

Un service national obligatoire, jugé trop cher et inutile par les syndicats étudiants

"Quand on a un étudiant qui tente de se suicider parce qu'il est précaire, quand on a près d'une quarantaine de rassemblements organisés la semaine dernière [pour souligner] qu'on est nombreux à vivre dans la précarité., on nous répond que le gouvernement n'a pas l'argent pour revaloriser nos bourses. [...] Et à côté de ça, il va mettre 1,6 milliards d'euros par an dans le service national universel ? Pour nous, c'est un problème." explique Mélanie Luce, président du syndicat étudiant UNEF. "Le gouvernement préfère investir dans un centre de formation encadré par des militaires où chaque jeune est en uniforme, plutôt qu'un investissement sur nos bourses, pour qu'on puisse faire nos études tranquillement." 

On nous dit que le gouvernement n'a pas l'argent pour revaloriser nos bourses. Et à côté de ça, il va mettre 1,6 milliards d'euros par an dans le service national universel ? C'est un problème !

Dans l'immédiat, l'intersyndicale demande l'augmentation des montants des bourses étudiantes de 20%. Soit 100 euros de plus pour les échelons les plus précaires. Les bourses ont été revalorisées de 1,1% pendant l'été, une hausse jugée "insuffisante" par l'UNEF. Et la liste ne s'arrête pas là. Oriane François, présidente de la FAGE, demande une refonte des conditions d'attribution des bourses, car c'est la suppression de sa bourse d'étude qui aurait poussé le jeune Anas à passer à l'acte. Egalement, la construction de nouveaux logements sociaux gérés par le CROUS, un accès facilité à la santé pour les jeunes via la création d'une complémentaire santé "notamment pour les boursiers qui actuellement peuvent renoncer aux soins". 

L'intersyndicale étudiante appelle à une mobilisation mardi 26 novembre pour demander au gouvernement d’agir contre la précarité étudiante. À la fois avec "un plan d'urgence" et "une politique structurelle".

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