[scald=24535:sdl_editor_representation]par Julien Toyer et Emmanuel Jarry

BRUXELLES (Reuters) - La possibilité d'un défaut partiel de la Grèce, déclenché par un rachat ou un échange de titres de dette, est au coeur des discussions entre dirigeants de la zone euro à Bruxelles, où un sommet décisif pour l'avenir de la monnaie unique s'est ouvert.

Selon un projet de déclaration obtenu par Reuters, les 17 chefs d'Etat et de gouvernement avançaient également vers une refonte du fonds de soutien à la zone euro (FESF) pour lui permettre d'agir de manière préventive, de recapitaliser les banques ou de racheter des obligations sur le marché secondaire afin de mettre un terme à la contagion.

En prélude à ce sommet, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy ont défini mercredi une position commune sur un nouveau plan de sauvetage grec, qui comprend une participation du secteur privé, à l'issue de sept heures de discussions "très serrées", selon des membres de la délégation française.

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont demandé à mi-parcours à Jean-Claude Trichet de venir les rejoindre de Francfort, ce qui semble indiquer que le compromis trouvé a obtenu le soutien du président de la Banque centrale européenne.

Plusieurs sources diplomatiques ont indiqué que si la question d'un défaut grec - même très court - n'est pas totalement tranchée, son principe est accepté de tous.

"Ce ne sera pas clairement dit mais ce sera induit par les mesures qui seront présentées dans la déclaration finale", a expliqué une source suivant les négociations.

De son côté, le ministre néerlandais des Finances Jan Kees de Jager, a déclaré devant son parlement que cette possibilité n'était plus exclue.

"La demande visant à éviter un défaut sélectif n'est plus sur la table. Nous pouvons poursuivre sur la voie d'un plan bancaire, qui reste confidentiel", a-t-il dit.

RACHAT D'OBLIGATIONS

Selon le projet de communiqué final, le fonds de soutien zone euro pourrait désormais servir aux pays en difficulté des prêts allant jusqu'à 15 ans et à des taux d'environ 3,5%, contre sept ans et demi et entre 4,5 et 5,8% aujourd'hui.

Il pourrait également prêter de l'argent de manière préventive à des pays traversant une crise de liquidité et recapitaliser les banques via des prêts aux gouvernements, même s'ils ne bénéficient pas d'un plan d'aide de l'UE et du Fonds monétaire international (FMI).

Enfin, il pourrait également intervenir sur le marché secondaire, à condition que la Banque centrale européenne ne déclare pas une "situation d'urgence".

Toutes ces mesures avaient été une première fois présentées au printemps mais l'Allemagne les avait alors bloquées en considérant qu'elles allaient trop loin.

Le FMI, qui est représenté à Bruxelles par sa nouvelle directrice générale Christine Lagarde, a précédemment recommandé aux dirigeants de la zone euro de renflouer le FESF et de le rendre plus flexible.

Cette refonte nécessiterait toutefois une modification des statuts du FESF et la ratification des parlements nationaux, et pourrait donc demander plusieurs mois.

Il n'est également pas clair si le Mécanisme permanent de stabilité (MES), qui prendra la suite du FESF au 1er juillet 2013, pourra également réaliser ces opérations.

PAS DE TAXE BANCAIRE

Selon plusieurs sources, l'option d'un rachat d'obligations grecques à un prix inférieur à leur valeur faciale est favorisée par rapport à un échange ou un "roll-over" d'obligations car elle permettrait de réduire fortement le montant total de la dette publique grecque, qui avoisine les 350 milliards d'euros.

Le nouveau plan d'aide à Athènes, qui doit se chiffrer à quelque 115 milliards d'euros, contre 110 milliards pour le premier, comprendra une participation estimée à environ 30 milliards d'euros du secteur privé.

Les modalités de cette participation des banques devaient faire l'objet d'une présentation de Baudouin Prot de BNP Paribas - la banque française la plus exposée à la dette grecque - et de Josef Ackermann, président du directoire de la Deutsche Bank et de l'Institut de la finance internationale (IFI), qui représente les banques.

En revanche, la solution d'une taxation du secteur bancaire, à laquelle les banques s'étaient vivement opposées car elles l'estimaient injustes pour celles d'entre elles qui ne sont pas exposées à la dette grecque, a été exclue.

L'euro après avoir progressé jeudi matin puis s'être retourné était finalement en forte hausse dans l'après-midi, dopé par la perspective d'un accord.

Les Bourses européennes se reprenaient elles-aussi en début d'après-midi après avoir évolué sur une note hésitante jusqu'alors.

Sur le marché obligataire, l'écart de rendement entre la dette allemande - considérée comme un placement refuge - et la dette des pays périphériques de la zone euro s'est resserré.

Avec les bureaux de Bruxelles et de Berlin et Natalie Huet et Catherine Monin à Paris, édité par Jean-Michel Bélot

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