Le syndicat national de l'édition phonographique (SNEP) a publié jeudi ses chiffres du marché de la musique. Ce marché, en progression de plus de 10%, bénéficie surtout de la croissance toujours plus forte du streaming et des musiques urbaines.

Les applications de streaming représentent désormais plus de la moitié du marché de la musique
Les applications de streaming représentent désormais plus de la moitié du marché de la musique © Radio France / JB

Le SNEP, syndicat national de l'édition phonographique, a dévoilé jeudi ses chiffres du marché de la musique enregistrée pour le premier semestre 2019. Tous les six mois, ce rapport permet d'avoir une photographie assez précise des modes de consommation de la musique. Et l'époque où le marché craignait pour son effondrement semble désormais révolue : sur le premier semestre 2019, celui-ci représente 277,1 millions d'euros, en hausse de 12,7% sur un an

Le streaming creuse l'écart

Si la presse parle souvent du renouveau du disque vinyle qui relance le marché, c'est une bagatelle : il représente un cinquième des ventes physiques (selon les chiffres de fin 2018), qui elles-mêmes ne représentent plus que 32% du marché sur les six derniers mois (contre 37% au premier semestre 2018). À l'inverse, le streaming poursuit sa progression avec 63% de part de marché contre 56% l'an dernier

Le site Deezer reste en tête et génère 37,5% des revenus du streaming, quoi qu'en baisse constante depuis cinq ans, devant Spotify (25,2%) et Apple (13,4%). Point notable : entre 2017 et 2018, les revenus générés par YouTube ont baissé de près de moitié (7,1% contre 12,5%). 

En regardant de plus près la répartition des ventes, on peut également souligner le fait que le streaming présente un avantage sur les ventes physiques pour les titres moins "mainstream" : le rapport physique/streaming est de 50/50 sur les 200 albums les plus vendus du premier semestre. Le streaming doit donc sa place de leader au reste du catalogue musical. 

Une pratique pas réservée aux jeunes

Autre enseignement concernant les plateformes de streaming : elles ne sont pas réservées aux plus jeunes. Ainsi, sur l'ensemble des abonnés payants aux principaux sites et applis, la part de 10-25 ans (30%) est à peine plus élevée que celle des plus de 55 ans (25%). 

En revanche, les plus jeunes y semblent plus accros : parmi ceux qui utilisent ces services, la totalité affirme que ce mode de consommation est devenu le principal. La durée moyenne d'écoute est de 5h26 par semaine, et s'élève à 7h03 pour les 16-24 ans (elle est plus élevée pour les utilisateurs "premium"). 

Rap et musiques urbaines en tête

Sur le top 20 des albums les plus vendus (ou équivalent ventes en streaming) on en compte 11 qui correspondent aux catégories des musiques urbaines, incluant donc le rap et le RnB notamment : PNL, Ninho, Nekfeu, Lompal, Aya Nakamura, Soprano, Maitre Gims, Heuss l'Enfoiré, Bigflo & Oli, Jul et Dadju. Au total, dans le top 200 des meilleurs ventes d'album, 40% sont des disques français de musiques urbaines. Et le titre le plus streamé de tous est Au DD, du groupe PNL, avec plus de 54 millions d'écoutes.

... les productions françaises aussi

Sur le top 200, on compte par ailleurs 160 productions françaises (dont 39 premiers albums). Les albums français sont, de loin, les plus vendus dans les catégories variétés (92% des ventes), urbain (95,2%), pop (74,3%) et électro/dance (71,5%). Il n'y a que sur les albums rock que la musique internationale est dominante (88,4%). 

La radio toujours prescriptrice... sauf chez les jeunes

À la question "comment découvrez-vous de nouveaux titres ou albums", 68% des personnes interrogées en juin répondaient encore que la radio était leur principal moyen de découverte, à 68%, devant la télévision (54%) et le bouche à oreille (49%). Un top 3 presque complètement différent pour la tranche 16-24 ans : chez les plus jeunes, c'est le streaming vidéo qui est la première source de découvertes, à 66%, devant le bouche à oreille (56%) et le streaming audio (47%). 

Les certifications plus exigeantes

Après avoir baissé petit à petit à mesure que les ventes de disques reculaient, les certifications (disque d'or, de diamant, etc.) redeviennent plus exigeantes. Elles se calculent désormais en "équivalent ventes", ce qui correspond soit à une vente physique soit à un certain nombre de streams : depuis 2019, cet "équivalent vente" est passé de 1 000 à 1 500 streams

Ainsi, pour qu'un album soit disque d'or, il doit réunir l'équivalent de 50 000 ventes (soit 75 millions de streams), et cela monte jusqu'à 500 000 équivalents ventes pour le disque de diamant (750 millions de streams). 

Pour les titres "singles" soient certifiés "or", il leur faut désormais 15 millions de streams (contre 10 millions avant), 30 millions pour être single de platine (contre 20 millions préalablement) et 50 millions (au lieu de 35) pour être single de diamant. 

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