[scald=60941:sdl_editor_representation]par Renee Maltezou

ATHÈNES (Reuters) - Déjà sous le choc d'une interminable série de baisses de salaires et de hausses d'impôts, les Grecs ont assisté avec un désespoir mêlé d'incrédulité aux événements politiques de cette semaine.

Entre l'annonce lundi d'un référendum sur le plan de sauvetage du pays et l'abandon en fin de semaine de cette idée face au tollé déclenché en Grèce comme à l'étranger, la semaine a été particulièrement agitée autour du Premier ministre George Papandréou.

"Nous souffrons des mesures d'austérité, et voilà cet homme, en train de sourire au parlement et de nous dire que, finalement, ce référendum n'était qu'une blague", déplore Alexandra Rouva, 27 ans et au chômage depuis plus d'un an.

"Comme si c'était le moment de faire des blagues stupides ! Il n'a pas le droit de jouer avec nos vies."

Pour de nombreux Grecs en butte à des salaires et des retraites plus bas et à un taux de chômage très élevé, le jeu politicien ne passe plus.

"Je veux qu'ils s'en aillent. Tous. Ce qui s'est produit cette semaine est une honte. Nous avons eu l'air ridicule et les Européens n'en peuvent plus de payer pour nous", dénonce Efi Peroyannaki, vendeuse de costumes âgée de 50 ans.

Après l'abandon du projet de référendum, un vote de confiance envers Papandréou doit avoir lieu dans la soirée au parlement grec.

"Papandréou peut bien avoir les 151 voix dont il a besoin au parlement, qu'est-ce que ça signifie pour nous ?", s'interroge Panayiotis Theofilas, 52 ans, dont le magasin de meubles est soumis à des taxes de plus en plus lourdes alors que les clients se font de plus en plus rares.

"Cette instabilité est insupportable. Hier, j'ai passé la journée devant la télévision à me faire un sang d'encre. Impossible de travailler. Et s'ils nous jettent hors de l'euro ? Nous sommes finis."

L'idée que la classe politique dans son ensemble serait responsable de la situation actuelle est très répandue, et certains ne se font guère d'illusions sur l'avenir proche, quelle que soit la façon dont la situation évolue.

Ainsi, pour Panayiotis Theofilas, l'idée d'une arrivée au pouvoir du leader conservateur Antonis Samaras est aussi insupportable que celle d'un maintien du socialiste Papandréou.

Quant à l'hypothèse d'un gouvernement d'union nationale, elle est encore moins attrayante : "Ils n'ont rien en commun et ne sont d'accord sur rien. Nous sommes tous très déçus. Dieu merci, mes enfants ne savent pas encore à quel point leur avenir est sinistre."

Gregory Schwartz pour le service français

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