Le leader mondial du transport maritime, Maersk, teste pour la première fois la route du Nord. Un nouvel itinéraire rendu possible… par le réchauffement climatique et la fonte des glaces.

Le plus grand porte-conteneurs du monde, Edith Maersk (397m de long), traversant le canal de Suez (photo d'illustration).
Le plus grand porte-conteneurs du monde, Edith Maersk (397m de long), traversant le canal de Suez (photo d'illustration). © AFP / STR

C’est une information qui donnerait des frissons à plus d’un, sauf à Maersk. Le transporteur danois vient d’envoyer un de ses navires sur la route du Nord. Le Venta Maersk est parti de Vladivostok, direction Saint-Pétersbourg. Mais plutôt que de passer par le sud de l’Inde et le canal de Suez avant d’arriver en mer Baltique, ce cargo va prendre la route du Nord. 

La route nord est plus courte de 4 600 km par rapport à la route sud.
La route nord est plus courte de 4 600 km par rapport à la route sud. © Radio France / Chadi Romanos

La route maritime du Nord, qui s’étend du détroit de Béring à la Norvège, permettrait de réduire d’une à deux semaines la durée du trajet entre l’Asie et l’Europe. La distance entre les plus grands ports du monde et d’Europe, Shangaï et Rotterdam, passerait ainsi de 19 700 km à 15 100 km. Cette voie est toutefois plus coûteuse. Elle peut nécessiter des brise-glaces à propulsion nucléaire pour accompagner les navires qui, eux, ne peuvent excéder une certaine taille. 

Le Venta Maersk mesure lui 200 mètres de long, 36 mètres de large. Construit cette année, il fait partie d’une nouvelle génération de porte-conteneurs certifiés glace. Pour ce trajet (que vous pouvez suivre en direct ici), il transporte 3 600 conteneurs de poissons congelés et de marchandises diverses. Son arrivée à Saint-Pétersbourg est prévue d’ici la fin septembre.

Une traversée test

Dans un communiqué au Financial Times, Maersk explique qu’il profitera du voyage pour "collecter des données" et mieux "explorer la faisabilité du transport de conteneurs sur la route maritime du Nord". Pour le moment en tout cas, la société danoise ne considère pas cet itinéraire comme "une alternative commerciale à (son) réseau existant, qui est défini par (ses) clients". Il y a cinq ans, l’ancien directeur général de Maersk déclarait déjà qu’il n’imaginait pas que cette nouvelle route maritime devienne une option commerciale avant au moins deux décennies.

La route du Nord n’en est pas moins explorée par d’autres compagnies. Un concurrent de Maersk, le chinois Cosco, l’emprunte de plus en plus ces dernières années pour transporter des pièces d’éoliennes. Le mois dernier, la plus grande compagnie gazière privée de Russie, Novatek, y a elle expédié son premier méthanier spécial vers la Chine. La Russie a par ailleurs intensifié ses dépenses dans la défense de l’Arctique ses derniers mois, en rouvrant des bases militaires. 

La route dégagée par la fonte de la banquise

Si la route du Nord est devenue un atout stratégique, commercial et géopolitique, c’est à cause du réchauffement climatique. Cet été, les températures dans le cercle arctique ont été exceptionnellement élevées, dépassant les 30° C dans certaines régions. L’Arctique continue donc de fondre et avec lui, les passages du Nord, russe ou nord-américain, deviennent praticables plus longtemps.

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