Mercredi, plusieurs syndicats se sont exprimés contre un amendement adopté mardi par l'Assemblée nationale dans le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2019. Il prévoit de soumettre à une fiscalité, au-dessus d'une certaine franchise, les aides attribuées par les Comités d'entreprise pour les œuvres sociales.

Les chèques vacances pourraient bientôt être concernés par l'impôt sur le revenu.
Les chèques vacances pourraient bientôt être concernés par l'impôt sur le revenu. © Maxppp / RIEDINGER Philippe / PHOTOPQR / LE REPUBLICAIN LORRAIN

Avec cet amendement, "certaines familles ne pourront pas partir en vacances", dénonce la CFDT. Dans le viseur de plusieurs organisations syndicales ce mercredi, un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2019, adopté mardi en première lecture à l'Assemblée nationale. 

Une franchise au-delà de laquelle les aides seront imposées

Cet amendement concerne les œuvres sociales, c'est-à-dire les participations des entreprises (la plupart du temps par l'intermédiaire du Comité d'entreprise) aux vacances, à Noël, à la rentrée scolaire, etc. À l'heure actuelle, ces œuvres sociales, qui ne sont pas des versements directs d'argent au salarié mais prennent la forme d'aides, ne sont soumise à aucun impôt ni à aucune cotisation sociale. Mais c'est le fait d'une tolérance de facto.

L'amendement prévoit donc de graver dans la loi l'exonération de taxes de ces aides, et même son élargissement aux aides versées par les petites entreprises qui n'ont pas de CE... mais ajoute une franchise. En d'autres termes, au-dessus de 331 euros par an et par salarié, ou 662 euros si le salarié a au moins un enfant, le montant des aides sera soumis à la fois aux cotisations patronales et à l'impôt sur le revenu du salarié. Or, si l'on cumule - par exemple - les chèques vacances, les chèques cadeau de Noël et les aides à l'inscription à des activités sportives ou culturelles, cette franchise peut rapidement être dépassée. 

Budgets amputés ?

Dès 2019, le budget des comités d'entreprise pour aider les salariés à partir en vacances pourrait donc être amputé de 50%. Pour la CGT, cet amendement est "une attaque sans précédent contre le droit aux vacances, l'accès à la culture et au sport pour toutes et tous". "Les salariés les plus modestes seront particulièrement impactés ; l'accès aux colonies de vacances et aux séjours linguistiques pour leurs enfants seront également mis à mal", selon l'Union nationale des associations de tourisme et de plein air (UNAT), l'organisation "Les Entreprises du voyage" ajoutant qu'il y aura un effet collatéral sur "des milliers d'empois dans le tourisme".

De son côté, le député (UDI) Paul Chistophe assure que cet amendement va évoluer lors de son examen au Sénat et en deuxième lecture à l'Assemblée, notamment au niveau de la franchise, qui devrait faire l'objet d'une concertation prévue avec le ministre des Comptes publics. "Plutôt qu'une régression, l'idée est bien d'obtenir une avancée sociale et sécurisant juridiquement le dispositif", assure-t-il. 

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