[scald=31483:sdl_editor_representation]LONDRES (Reuters) - Les Bourses européennes ont chuté mercredi sous le coup d'un plongeon des valeurs bancaires françaises, Société générale en tête, après une multiplication de rumeurs entourant l'établissement mais aussi de rumeurs concernant un déclassement de la note de la France.

Wall Street pâtissait également des craintes de difficultés pour le secteur bancaire français, dégringolant de près de 4% au moment de la clôture des places européennes, dans des échanges marqués une nouvelle fois par une forte volatilité.

L'euro s'inscrivait en forte baisse contre le dollar après les bruits disant que la France pourrait, après les Etats-Unis, être la suivante à perdre sa précieuse note "AAA" et ce malgré la confirmation de cette note dans la journée par les trois agences.

La journée avait pourtant commencé en forte hausse en Europe, dans le sillage de la clôture de la veille à Wall Street et des places asiatiques, après que la Réserve fédérale américaine s'engagée à maintenir ses taux au plus bas pendant deux ans.

L'Euro Stoxx 50 a abandonné 6,12%, le Cac 40 5,45% à Paris, le Dax 5,13% à Francfort, le FTSE 100 3,05% à Londres et la Bourse de Milan 6,65%.

L'indice Stoxx des valeurs bancaires européennes a chuté de 6,72%. A Paris, Société générale a accusé la plus lourde perte du CAC 40 avec un repli de 14,74% devant Crédit agricole (-11,81%). BNP Paribas a cédé 9,47% tandis que les banques italiennes UniCredit et Intesa Sanpaolo ont respectivement perdu 9,37% et 13,72%.

NOUVEAU RECORD DE L'OR

Dans ce contexte, l'or a atteint de nouveaux records, le future sur l'or dépassant la barre des 1.800 dollars pour la première fois de son histoire.

Le franc suisse, autre valeur refuge traditionnelle, a poursuivi son avancée face à l'euro mais a reculé contre le dollar après que la Banque nationale suisse a annoncé qu'elle prenait des mesures supplémentaires pour contenir l'appréciation du franc.

Société générale a pâti de rumeurs liées à sa solidité financière et l'ensemble des valeurs bancaires françaises et italiennes ont été plombées par les spéculations sur le "triple A" de la France et par un regain des craintes d'extension de la crise de la dette à l'Italie.

"Il y a trois rumeurs aujourd'hui, dont deux ont été démenties", a déclaré Alban Tourrade, gérant chez Aviva Investors.

"Il y a tout d'abord la dégradation de la note souveraine de la France, démentie par les trois agences. Deuxièmement, le plan d'aide à la Grèce pourrait être étendu aux obligations à échéance 2024, ce qui alourdirait les pertes des banques françaises et de la Société générale en particulier."

"Enfin, et c'est la pire de toute, il se préparerait un plan de sauvetage de la Société générale avec une nationalisation de la banque, une rumeur également démentie par la banque. Le marché est tellement averse au risque en ce moment, que la moindre rumeur surtout comme la dernière fait tout chuter."

En réaffirmant la note AAA de la France, Standard & Poor's a jugé que le gouvernement français était plus sérieux que l'administration américaine en matière de réduction des déficits, ce qui protège la note française.

Porté par une forte baisse des stocks de brut aux Etats-Unis, le brut avance de plus de 2%.

Sur le marché obligataire, le future sur Bund a pris près de deux points pour atteindre leur plus haut niveau depuis septembre 2010 en raison de l'aversion au risque des investisseurs.

Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Nicolas Delame

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