Le prix des carburants continue d'augmenter, à tel point que l'essence est revenue au même niveau quasiment qu'au début de la crise de "gilets jaunes" en novembre alors que le mouvement est né justement d'un ras-le-bol des carburants trop chers. Certains préconisent une remise à plat du système de fixation des prix.

Le gazole, carburant le plus vendu avec près de 80% des volumes continue d'augmenter
Le gazole, carburant le plus vendu avec près de 80% des volumes continue d'augmenter © AFP / Philippe Huguen

Cela revient de plus en plus cher de faire le plein d'essence dans une station-service. Les prix du gazole et de l'essence ont grimpé de 6 à 8 centimes en moyenne. L'essence est revenue au même niveau quasiment qu'au début de la crise des "gilets jaunes". 

Le sans plomb 98 s'affiche à près de 1,55 euro le litre (selon les régions), il est à son plus haut niveau cette année, même s'il reste encore loin des sommets atteints en 2018 (plus de 1,53 euro le litre début octobre). Le gazole est à 1,47 euros, après une hausse depuis un mois. Ces prix restent malgré tout bien moins élevés que ceux observés durant la semaine du 12 octobre au moment où les prix les plus hauts de l'année 2018 ont été observés. 

Les prix des carburants à la pompe varient en fonction de plusieurs paramètres comme le cours du baril de pétrole, le taux de change euro-dollar, le niveau des stocks de produits pétroliers et de la demande, ainsi que le niveau des taxes

Faut-il revoir les taxes ?

Invité de France Inter, dans Questions Politiques, le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, s'est exprimé sur le sujet. Il a rappelé que les prix à la pompe étaient revenus "au même niveau" qu'au début du mois de novembre, et a appelé de ses vœux la réinstauration d'une taxe flottante sur les carburants. "Tant que vous remettrez pas en place une TIPP flottante, vous serez toujours à faire les poches des Français à chaque fois que le prix du baril augmente, ça aussi on peut le changer avec une proposition très claire", a assuré Xavier Bertrand.

La TIPP flottante (taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers) a été mise en place en France entre octobre 2000 et juillet 2002, dans le cadre de mesures d'urgence destinées à apaiser les professionnels pénalisés par la hausse du prix des carburants. Face au mouvement des "gilets jaunes", le gouvernement a renoncé en décembre à plusieurs mesures : la hausse de la taxe carbone sur l'essence, le fioul et le diesel, la convergence de la fiscalité du diesel avec celle de l'essence et la hausse de la fiscalité sur le gazole entrepreneur non routier.

De son côté le PDG de Total, Patrick Pouyanné, s'est aussi dit favorable au retour d'une taxe flottante sur les produits pétroliers, permettant de moduler la taxation en fonction des variations des cours.

Les prix des carburants depuis 2010
Les prix des carburants depuis 2010 © Visactu / .

Les cours du pétrole s'envolent

La hausse des dernières semaines n'est pas due uniquement à un problème de taxes intérieures. L'envolée des cours du pétrole est en cause. L'Opep et ses partenaires se réunissent ce lundi à Bakou, en Azerbaïdjan, pour faire le point sur leur mesure de limitation de production adoptée en début d'année qui a contribué à la remontée des prix. 

Fin 2018, les prix avaient fortement chuté, beaucoup trop aux yeux de l'Opep et de ses partenaires. Ils ont donc décidé de réduire d'eux-mêmes leur production au moins jusqu'en juin 2019, pour mécaniquement, en baissant l'offre, faire remonter le prix. 

Après être tombé à 50 dollars le baril, le prix du baril de pétrole est remonté ces dernières semaines et il s'échange désormais à 67 dollars le baril. Depuis le 1er janvier 2019, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) compte 17 membres suite au départ du Qatar et à l'arrivée de la République du Congo, du Cameroun, de la Syrie et de l'Autriche.

A priori, on aurait atteint désormais un seuil de stabilité selon les experts. Le contexte géopolitique influencera également la suite des évolutions. Difficile de se projeter avec précision au milieu d'incertitudes telles que les évolutions avec l'Iran ou encore la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, sans parler de la baisse constante de l'exportation de pétrole depuis le Venezuela. La production de Caracas, pays membre de l'Opep, a fortement diminué au cours des 20 dernières années, passant de plus de trois millions de bpj (baril par jour) vers l'an 2000 à une fourchette comprise entre 1,2 et 1,4 million de bpj à la fin 2018. Ce chiffre passera en dessous du million, dans un mois ou deux, selon les prévisions du gouvernement américain. 

Evolution du cours du pétrole
Evolution du cours du pétrole © Visactu / .
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