L'usine Continental, aujourd'hui "abandonnée"
L'usine Continental, aujourd'hui "abandonnée" © Benjamin Chauvin

Le conseil des prud'hommes de Compiègne examine aujourd'hui le cas de 680 ex-salariés de Continental. Ils réclament l'annulation pure et simple de leurs licenciements... pour absence de réel motif économique.

Et si les "Conti" obtenaient finalement de ne plus être licenciés ? C'est en tout cas ce qu'ils demandent à partir d'aujourd'hui aux prud'hommes de Compiègne, saisi du sort des salariés de Continental. "Continental n'avait aucun motif économique réel" pour fermer son usine, lance Xavier Mathieu, délégué CGT. Il rappelle d'ailleurs que le 14 février, le tribunal administratif d'Amiens a déjà annulé les licenciements de 22 anciens salariés protégés (dont lui-même), pour absence de motif économique. "Une décision historique", assure-t-il.

En attendant l'audience, entre 200 et 300 anciens salariés se sont rassemblés devant un gymnase de Margny-lès-Compiègne, réaménagé en tribunal pour l'occasion. Pas de banderolle, pas de slogans enflammés, mais une détermination évidente. Ils ont notamment voté des motions pour prendre contact des les syndicats d'autres sites Continental.

Le reportage de Marion L'Hour avec les salariés.

Les anciens "Conti" devant les prud'hommes
Les anciens "Conti" devant les prud'hommes © Radio France / Georges Wolinski

"Réclamer notre dû"

Les anciens "Conti" demandent aussi des dommages et intérêts : jusqu'à quatre ans de salaires pour certains cas. "On est venus réclamer notre dû. C'est inacceptable qu'une entreprise comme Continental, qui fait toujours des bénéfices, nous jette à la rue comme des chiens", explique Jacky Ressens, ancien ouvrier.

La décision de l'audience sera sans doute mise en délibéré après les trois jours d'audience.

Début 2010, comme 1.120 de ses collègues, il avait subi la fermeture de l'usine de Clairoix, après plusieurs mois de conflit social particulièrement tendu. Les salariés avaient notamment saccagé la sous-préfecture de Compiègne sous le coup de la colère.

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