En pleine crise des "gilets jaunes", le premier ministre a annoncé ce mardi des mesures pour combattre les "dépenses contraintes" qui plombent trop souvent le budget des ménages.

Un comparateur des prix et des taux de réussite des auto-écoles va être mis en place afin de permettre aux candidats de choisir entre des offres qui peuvent varier du simple au double."
Un comparateur des prix et des taux de réussite des auto-écoles va être mis en place afin de permettre aux candidats de choisir entre des offres qui peuvent varier du simple au double." © AFP / Kenzo TRIBOUILLARD

Première mesure : alléger la facture des "gros rouleurs"

Edouard Philippe veut donner un coup de pouce aux Français qui habitent en périphérie des villes et qui ne peuvent pas se passer de leur voiture. Si vous avez récemment changé un rétroviseur, un capot, une vitre sur votre  véhicule, sans doute l’avez-vous constaté : le budget des ménages en matière de réparations ne cesse d’augmenter. 

Le souci vient, selon Matignon, d’un monopole dont profitent les constructeurs automobiles en France. Pour remplacer certaines pièces, il faut la plupart du temps passer par eux, sans possibilité de recours à un sous-traitant. Ce n’est pas le cas au Royaume-Uni, en Espagne ou en Italie, déplore le gouvernement qui voudrait revenir sur cette exclusivité. 

Mesure numéro 2 : lutter contre les surcoûts du permis de conduire 

"Nous allons mettre en place un comparateur en ligne pour que les candidats puissent choisir de manière éclairée entre des offres d’auto-écoles qui peuvent parfois varier du simple au double" explique le premier ministre. 

Aujourd’hui, la délégation à la sécurité routière dispose, pour chaque centre d’examen, du nombre de passages pratiques par auto-école ainsi que du nombre de succès, ce qui permet d’identifier les taux de réussite ainsi que les délais pour passer le permis.  Problème : ces données ne sont pas diffusées publiquement. L’idée serait donc de le faire à l’avenir. De quoi permettre aux candidats de se diriger vers l’auto-école la mieux à même de lui éviter des dépassements surprise. 

Selon les chiffres rapportés par Matignon, l’obtention d’un permis coûte au final - en moyenne - 40 % plus cher aujourd’hui au client que ce qui était prévu au départ.

Mesure numéro 3 : faciliter la mise en concurrence des syndics de copropriété

La loi Macron de 2015 impose une remise en cause des contrats tous les trois ans dans chaque copropriété. "Dans les faits, ça n’arrive quasiment jamais" reconnait le premier ministre. La raison première : une mauvaise information sur les droits des copropriétaires. "Il faut que ça change" note Matignon qui envisage également des sanctions financières contre les syndics qui noient les propriétaires dans documents trop fastidieux. 

En 2014, la loi ALUR avait imposé des contrats types aux syndics dans le but d’améliorer la lisibilité des prestations. Certains ne jouent pas le jeu et pourraient s’exposer demain à des amendes allant de 3000 euros pour les personnes physiques et 15 000 euros pour les personnes morales.  

Le Premier ministre a également ouvert la voie à trois chantiers dans le domaine de la santé sur lesquels il souhaite travailler en concertation avec les acteurs concernés d'ici la fin de l'année : résiliation des contrats assurances-santé en cours d'année, baisse des prix des laboratoires d'analyse médicale, regroupement des pharmacie pour vendre en ligne. 

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