la hausse du chômage s’est accélérée en mai
la hausse du chômage s’est accélérée en mai © reuters

En application depuis trois mois, les "droits rechargeables" pour les chômeurs, sorte de compte rechargeable pour le droit à l'assurance chômage, connaissent quelques effets indésirables. Exemple et explications.

C'est le comité de chômeurs CGT du Morbihan qui a le premier identifié le problème. Sur son site Internet déjà, une trentaine de témoignages. Celui de Caroline notamment : cette jeune femme, cadre dans la finance gagnait confortablement sa vie, 4.500 euros par mois. Quand elle se retrouve au chômage au mois d'octobre, elle s'attend logiquement à toucher 3.600 euros d'assedic. Or Pôle Emploi ne lui verse que 850 euros.

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Pourquoi ? C'est l'effet pervers justement des fameux droits rechargeables. Depuis trois mois, Pôle Emploi ne fait plus dans le détail : quand on a travaillé puis arrêté puis retravaillé, l'opérateur ne fait plus de calculs savants pour déterminer les droits, il cumule toutes les durées d'indemnisation auxquelles on peut prétendre. Il additionne tout et va chercher jusqu'à plus de trois ans en arrière pour reconstituer les droits au chômage qui n'ont pas été consommés par le demandeur d'emploi.

Renoncer à ses droits rechargeables peut parfois être plus avantageux

L'avantage, c'est que cela rallonge la durée totale d'indemnisation du chômeur. L'inconvénient, c'est qu'en allant chercher trois ans plus tôt, Pôle Emploi peut tomber sur des droits anciens, qui peuvent être peu élevés. C'est ce qui est arrivé à Caroline.

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L'Unédic reconnaît l'existence de cas comme celui-ci, mais précise qu'ils sont rares et promet de chercher des solutions. La CGT demande, de son côté, que dans certains cas, si cela le désavantage, le chômeur puisse renoncer à ses droits rechargeables.

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