plérin marché
plérin marché © MaxPPP / PHOTOPQR/LE TELEGRAMME

La séance de cotation n'a finalement pas lieu ce matin au marché au cadran à Plérin, malgré la forte mobilisation des éleveurs. Les acteurs de la filière porcine bretonne demandent à Matignon d'intervenir rapidement pour sortir de la crise.

Les mines sont fermées, la colère non dissimulée et la tension croissante. Ce matin au marché de Plérin, les éleveurs se sont déplacés en masse pour exprimer leur mécontentement face au boycott de la séance de cotation par deux géants industriels, la société Cooperl et le groupe le groupe Bigard/Socopa. En l’absence des deux groupes, les éleveurs se sont interrogés sur le maintien ou non de la séance de cotation de 11h, qui était censée fixer le prix de référence national.Les éleveurs ont finalement décidé de ne "pas organiser de séance de cotation aujourd'hui", a déclaré le président du marché du porc breton, Daniel Picart.

Daniel Picart, président du marché du porc breton était l'invité du 13h d'Alain Passerelle

"A priori, il y a une annonce pour que le marché se tienne demain (vendredi)", a expliqué le président. "Je lance un appel d'ici demain pour que la cotation se passe", a aussitôt déclaré le président de l'Union des groupements producteurs de viande en Bretagne, Michel Bloc'h. "L'heure est extrêmement grave,il faut que le Premier ministre nous entende physiquement dès demain j'espère ou dès cet après-midi". Les producteurs bretons ont donc demandé une rencontre urgente avec Matignon.

Deux possibilités s’offraient aux éleveurs ce matin : maintenir ou non la séance. Si elle était maintenue, les éleveurs auraient pu conclure des ventes avec les autres transformateurs de porc présents sur place dont Intermarché et Leclerc, ou de plus petits abattoirs. En cas de suspension de la séance, les éleveurs se retrouveront avec encore plus de porc à écouler. Un handicap majeur puisqu’à partir de 120 kilos, les cochons sont trop matures et ne conviennent plus au calibre de l’industrie.

Des actions à venir

porc
porc © MaxPPP / PHOTOPQR/LE TELEGRAMME

Les éleveurs présents sur le marché de Plérin ont d’ores et déjà annoncé la mise en place d'actions contre les industriels ou contre les marques de charcuterie qui achètent du porc à l’étranger. "Si Valls ne répond pas de la journée, surveillez vos portables car vous recevrez sans doute un SMS pour une mobilisation. On ne peut pas laisser les choses comme ça", a lancé Didier Lucas, président de la FDSEA 22 devant des dizaines d'éleveurs.

De son côté, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a annoncé s'être entretenu avec le directeur du groupe Bigard/Socopa. " Il souhaite pas participer au marché au cadran mais s'engage à poursuivre ses achats à la hauteur de ce qu'ils étaient la semaine dernière, c'est-à-dire 90.000 porcs" pour l'ensemble de ses achats en France, a déclaré Stéphane Le Foll lors d'une conférence de presse. Le ministre a également souligné qu'il ne disposait d'aucun levier juridique pour forcer la cotation à reprendre sur le marché de Plérin, car il s'agit d'une association type loi 1901 où seuls les adhérents sont habilités à prendre les décisions.

Des propos qui n'ont pas convaincu les éleveurs, aux micros de Johann Moison

La raison de la crise ? Un cochon jugé trop cher par les industriels

porc infographie
porc infographie © Radio France

Lundi, les sociétés Cooperl et Bigard/Socopa avaient annoncé qu’elles seraient absentes mardi au marché du Plérin. Le porc français, vendu à 1,40€ le kilo, est 25 centimes plus cher que celui de ces principaux concurrents, l’Allemagne et l’Espagne. La raison ? Les Allemands et les Espagnols profitent d’exigences sociales et environnementales moins contraignantes dans leur pays, pour produire plus et donc baisser leurs prix.

En juin dernier, c’est pourtant Matignon, par la voix de son ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, qui avait fixé le cours du porc français à 1,40€, pour que les éleveurs ne soient pas contraints de vendre à perte.

Une sortie de crise rapide semble, donc, a priori peu probable. Mardi, Le Ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, avait pourtant déclaré ne pas "envisager qu'il n'y ait pas de cotation au marché du cadran à Plérin".

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