[scald=66831:sdl_editor_representation]par Mark Potter

LONDRES (Reuters) - Cette année, quand le père Noël descendra dans les chaumières des pays européens frappés par la crise, sa hotte pourrait ne pas être si bien remplie de cadeaux.

La hausse des prix, la faible progression des salaires et les plans d'austérité ont limité le revenu disponible des ménages à travers l'Europe. Et la crainte que la crise de la dette ne fasse exploser la zone euro, entraînant les banques avec elle, ont tué l'espoir d'une rapide amélioration de la situation.

La confiance du consommateur dans les 27 pays membres de l'Union européenne (UE) est tombée à son plus bas niveau de l'année au mois d'octobre.

"Il est clair que je dépenserai moins cette année", dit Ben Bauer, 37 ans, opérateur dans un hôpital à Berlin.

"On peut constater les effets de la crise de l'euro partout, surtout là où je travaille, puisqu'on y gagne moins. Si on gagne moins, comment voulez-vous qu'on dépense plus?"

Pourtant, l'Allemagne est l'un des pays les plus performants.

Le consultant Conlumino, spécialiste de la consommation, prévoit une hausse des ventes de détail dans les 17 pays de la zone euro de 0,8% en décembre, en grande partie grâce à la progression des ventes en Allemagne et en France.

Hors impact de l'inflation, la situation est encore pire. Les volumes de ventes -le nombre de biens achetés- devraient baisser de 2,3%, leur plus forte baisse depuis le lancement de l'euro en 1999, avec des reculs de 4,3% en Espagne, de 5,2% au Portugal et de 8% en Grèce, les trois pays les plus touchés.

L'OEIL RIVÉ SUR LES DÉPENSES

"Les gens vont continuer à fêter Noël, mais ils le feront tout en gardant un oeil rivé sur leurs dépenses", estime Simon Chinn, consultant chez Conlumino.

La situation n'est pas meilleure en dehors de la zone euro.

Au Royaume-Uni, également confronté à de fortes baisses des dépenses publiques, le consultant Deloitte ne prévoit aucune progression des ventes de Noël cette année.

De même que les Européens ne seront pas tous touchés de la même manière, les distributeurs ne subiront pas tous le même sort, les ménages semblant déterminés à protéger certaines dépenses, notamment pour les cadeaux aux enfants et pour le réveillon.

Dans ce contexte, les magasins de jouets et les supermarchés s'en tireront mieux que les autres, tandis que les restaurants, les boîtes de nuit et les ventes de vêtements de fête devraient souffrir des restrictions à prévoir sur les sorties.

Les ventes via internet, souvent moins chères et plus faciles d'accès, devraient elles aussi bien résister à la crise.

Le groupe de ventes en ligne IMRWorld prévoit des ventes internet en Europe en hausse de 20% pendant les huit semaines de la période des achats de Noël, dont +30% au Royaume-Uni.

Avec cette montée en puissance des ventes en ligne, la baisse des ventes sera d'autant plus forte pour beaucoup de magasins spécialisés qui ne sont pas présents sur internet.

Juliette Rouillon pour le service français, édité par Catherine Monin

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