Les Français ne sont pas forcément prêts à travailler plus longtemps pour bénéficier d'une meilleure retraite ensuite, souligne l'enquête annuelle du Cercle de l'épargne. Et ils n'ont pas non plus vraiment confiance dans les capacités du gouvernement à conduire la réforme des retraites dans leur intérêt.

Les Français ne semblent pas prêt à travailler plus longtemps pour partir à la retraite avec un peu plus
Les Français ne semblent pas prêt à travailler plus longtemps pour partir à la retraite avec un peu plus © Getty / Hero Images

Les Français plébiscitent à plus de 80 % le principe d'une grande réforme des retraites vers un système universel par point, selon l'étude publiée ce mardi par le Cercle de l'épargne. Dans le détail, 34% des Français sont pour la "mise en place d'un régime universel de retraite" et 48% sont favorables à "la mise en place d'une régime universel de retraite avec le maintien de certaines spécificité" comme la prise en compte de la pénibilité au travail ou des horaires décalés. Seuls 18% des Français  sont pour le maintien du système actuel de retraire.

"Les Français sont favorables à cette réforme car ils souhaitent que tous les Français soient globalement traités de la même façon au moment de la retraite" décrypte Philippe Crevel au micro de France Inter. Mais "ils ne sont que 34 % à considérer que le projet de régime universel de retraite vise réellement à aller vers plus d'équité et à appliquer la formule 'un euro cotisé donne les mêmes droits pour tous'", souligne le directeur du Cercle de l'épargne.

Par ailleurs, quelque 69 % des Français pensent que leur pension est ou sera insuffisante pour vivre correctement. 79% des Français considèrent qu’il faut maintenir la retraite à 62 ans voire revenir à 60 ans (38% sont pour la maintenir à 62 ans, 41% pour revenir à 60 ans).

Les partenaires sociaux plutôt que l'État

"Le sentiment de défiance qui traverse l'ensemble du pays se manifeste dans l'enquête 2019", poursuit Philippe Crevel, en référence au mouvement des "gilets jaunes", notamment. 

Les répondants pensent que le gouvernement a des objectifs cachés, masqués, comme le report de l'âge de départ à la retraite et une diminution des pensions.

Résultat : les personnes qui ont répondu à l'édition 2019 de l'enquête expriment une très "faible confiance envers l'État pour être le responsable de la réforme" ; 69 % préféreraient que ce soient les partenaires sociaux qui mènent cette réforme. 

Preuve, traduit Philippe Crevel, d'une "défiance assez forte vis à vis de l'État".

Fin de la confiance en l'État providence ?

L'enquête montre aussi une certaine inquiétude face au niveau de vie des futurs retraités. Ils sont 69 % à craindre de toucher plus tard des pensions insuffisantes pour vivre correctement une fois à la retraite.

Un pessimisme qui pousse les Français à agir. Le Cercle de l'épargne note une hausse de l'épargne comme complément de pension et par l'achat de sa résidence principale, signe d'une prise en charge de son avenir par les actifs pour compenser les manquements de l'État providence. "Les jeunes générations ont décidé d'épargner et de se constituer un patrimoine en vue de la retraite", un phénomène qui était jusqu'alors observé plus tardivement."

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