Selon une enquête de la Banque de France rapportée ce mardi par Le Parisien, le surendettement a baissé de 10% en 2016.

Les crédits à la consommation sont mieux encadrés depuis 2010
Les crédits à la consommation sont mieux encadrés depuis 2010 © Getty / Adam Gault

En 2016, 194.194 personnes ont déposé un dossier à la Banque de France pour être classés en surendettement, selon une étude révélée ce mardi par Le Parisien. Un chiffre qui a baissé de 10,6% par rapport à l'année précédente, et sur lequel on observe "une tendance à la baisse depuis trois ans" selon le directeur des particuliers de la Banque de France, Stéphane Tourte.

La raison de cette baisse des dossiers de surendettement, qui concernent majoritairement des personnes divorcées ou séparées (à 36,5%) et sans enfants à charge (à 53,9%), c'est la diminution des recours aux crédits à la consommation, dont les taux sont bien plus élevés que pour les crédits immobiliers par exemple. Or ceux-ci ne représentent plus que 39,3% de la dette des personnes en situation de surendettement, contre 58,2% il y a cinq ans. Ils sont plus facile à rembourser, du fait de la baisse générale des taux d'intérêt.

Moins de crédits renouvelables mais plus d'arriérés

Autre facteur qui a conduit à la baisse du surendettement : un meilleur encadrement des crédits renouvelables, qui n'ont pas de date de fin et peuvent se transformer en produits bancaires dangereux pour les emprunteurs. Or depuis 2010, "lors d'un achat, un client doit systématiquement se voir proposer le choix entre un financement par un crédit renouvelable ou un crédit remboursable, qui a une date de début et une date de fin", explique Stéphane Tourte dans les colonnes du Parisien.

Résultat : la part du crédit à la consommation dans le surendettement a elle aussi baissé, passant de 34,6% en 2011 à 21,3% en 2016. Comment expliquer que les dossiers de surendettement n'ont baissé "que" de 10%, dans ce cas ? Il faut chercher du côté des charges courantes : "Le montant des arriérés de charges courantes et des autres dettes, comme les cautions et les dettes familiales, a augmenté de près de 38% en cinq ans", souligne Stéphane Tourte. Des situations d'autant plus difficiles que le surendettement touche autant des personnes au chômage (28,7% des surendettés) que les personnes en CDI (28,2%), et essentiellement les personnes qui gagnent moins de 1.500€ par mois (à 37,1%).

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.