La Conférence des grandes écoles a dévoilé, mardi, les résultats de sa 26e enquête sur l'insertion professionnelle des jeunes diplômés. Bonne nouvelle pour eux, le taux net d'emploi atteint son plus haut niveau depuis 2010. Seul point noir de ce bilan : la persistance des inégalités à l'embauche entre hommes et femmes.

D'après le bilan de la conférence, les femmes sorties des grandes écoles s’insèrent moins vite dans le monde du travail et conservent des salaires plus bas que les hommes.
D'après le bilan de la conférence, les femmes sorties des grandes écoles s’insèrent moins vite dans le monde du travail et conservent des salaires plus bas que les hommes. © Getty

On avait pas atteint de chiffres si élevés depuis 2010. À tel point que le niveau d'embauche des diplômés des grandes écoles est revenu à la situation d'avant la crise de 2008. 

Mardi, pour cette nouvelle édition de la Conférence des grandes écoles (CGE), responsables et membres de l'organisme avaient de quoi être sereins. Au total, pour les près de 226 établissements d'enseignement supérieur et de recherche français et étrangers représentés, tous les chiffres, emplois, salaires, CDI, sont à la hausse et c'est une très bonne nouvelle pour Anne-Lucie Wack, présidente de la conférence des grandes écoles :

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" Les jeunes diplômés sont littéralement aspirés sur le marché du travail "

Par Sonia Bourhan

Tous les indicateurs au vert....

Parmi les causes de réjouissances, la hausse du taux net d'emploi qui gagne 2,9% par rapport à 2017 pour atteindre près de 90% des diplômés, trente mois après l'obtention de leur diplôme.

Autre indicateur clé : sur dix étudiants sortis des grandes écoles, neuf choisissent la France comme destination pour leur premier emploi. En 2016, ils étaient 16 % à privilégier l'étranger, contre 12% aujourd'hui. Un chiffre peu anodin qui contrecarre l'idée d'une fuite massive des cerveaux français vers le Canada, les États-Unis ou encore la Chine. 

....sauf un

Un point noir vient néanmoins ternir le tableau des chiffres, celui du maintien des inégalités entre hommes et femmes. À diplôme égal, un homme a toujours plus de chances de décrocher un emploi, soit quatre points de plus, et encore plus à décrocher un CDI, soit 11 points de plus qu'une femme. Anne-Lucie Wacht, présidente de la CGE, regrette que ces différences persistent en 2018: " Elles s'insèrent moins vite sur le marché de l'emploi, elles ont moins de postes en CDI, moins de statuts cadres et un différentiel de salaire qui est substantiel à l'embauche et qui s'aggrave au cours de la carrière. Qu'on en soit encore là en 2018 nous interroge et doit interroger tout le monde. On ne comprend pas qu'aujourd'hui on en soit encore là." 

Un incompréhension que partage Peter Todd, directeur général d'HEC Paris : 

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Peter Todd, directeur général D'HEC Paris affirme que les femmes ont un plus fort taux d'admissibilité dans les grandes écoles.

Par Sonia Bourhan

Même dans les écoles d'ingénieurs où les femmes sont moins nombreuses, 30% seulement des étudiants, les entreprises ne se précipitent pas pour les embaucher, comme l'explique Anne-Lucie Wacht : "On a seulement 30 % de femmes dans les écoles d'ingénieurs donc on pourrait estimer que dans un contexte favorable à l'emploi, on pourrait imaginer que les entreprises pourraient puiser dans le vivier des femmes ingénieures et les embaucher à la même hauteur que les hommes. Or, il existe un différentiel, y compris pour les femmes ingénieures issues des grandes écoles." 

Quelles explications ?

En premier lieu, on constate que les diplômés femmes des grandes écoles s'insèrent très bien sur le marché du travail, en comparaison à l'ensemble des femmes diplômées en France. Pourtant, les différentiels persistent à une plus haute échelle. Pour la présidente de la CGE, le principal facteur des inégalités restent "la persistance des stéréotypes de genre". Par ailleurs, les femmes occupent souvent des fonctions moins rémunératrices, dans des secteurs moins rémunérateurs. Peut-on penser dans ce cas que ces branches plus féminisées, de ce fait, rémunèrent moins les diplômées ? La question reste en suspens.

En réponse, les grandes écoles tentent de mettre en place des programmes pour sensibiliser le public aux questions d'égalité, de lutte contre les stéréotypes et de leadership. 

Au sein de la CGE et des grandes écoles, la situation inquiète et conscientise. Un premier pas, déjà, vers une réduction des écarts.

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