Scène de liesse à Athènes après la victoire du "non" au référendum.
Scène de liesse à Athènes après la victoire du "non" au référendum. © EPA/MaxPPP

Les Grecs ont défié l'Europe en votant massivement lors du référendum de dimanche en faveur du "non" aux propositions des créanciers internationaux d'Athènes. Un sommet de la zone euro se tiendra mardi soir, sans Yanis Varoufakis qui a démissionné de son poste de ministre des Finances.

Le "non" a recueilli 61,30% et le "oui" 38,70%. La victoire étonnamment nette du "non" a déjoué les récents sondages qui prévoyaient une issue beaucoup plus serrée. Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a salué la nette victoire du "non" et déclaré que son gouvernement était prêt à retourner sans attendre à des négociations pour permettre une réouverture des banques grecques, qui sont restées fermées cette semaine.

Écartant l'idée que le référendum était de fait un vote sur le maintien ou non de la Grèce dans la zone euro, il a estimé que les Grecs lui avaient donné un mandat pour trouver une solution viable avec l'UE et non pas pour aller à l'affrontement avec l'Europe.

De son côté, Yanis Varoufakis a annoncé ce lundi qu'il démissionnait de son poste de ministre des Finances, expliquant que les négociations entre Athènes et ses créanciers se dérouleraient mieux sans lui. Dans un communiqué, il dit avoir été "informé" que certains membres de la zone euro estimentqu'il n'est plus le bienvenu aux réunions des ministres des Finances et que sa démission a été jugée opportune par le Premier ministre en vue de la conclusion d'un accord. "Pour cette raison, je quitte aujourd'hui le ministère des Finances", dit-il dans le communiqué.

Scènes de liesse à Athènes

Des centaines de Grecs ont afflué place Syntagma, devant le parlement au cœur d'Athènes pour fêter l'événement, après une semaine marquée par la fermeture des banques et la limitation du montant des retraits d'argent, destinées à éviter un effondrement du système financier grec.

Victoire du "non" : et maintenant ? Reportage de Laurent Kramer en Grèce

Selon un sondage diffusé par la chaîne de télévision Antenna TV, 67% des bulletins de vote "non" ont été glissés par des jeunes de la tranche 18-34 ans.La chancelière Angela Merkel et François Hollande, qui se verront lundi soir à Paris pour parler Grèce, se sont entretenus au téléphone dimanche soir et ont prôné la tenue d'un sommet de la zone euro. Ce sommet, comme l'a confirmé peu après le président du Conseil européen Donald Tusk, se tiendra mardi soir.

Exaspération en Allemagne

Les ministres des Finances de la zone euro se réuniront un peu plus tôt, mardi, afin de préparer ce sommet, a déclaré Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe. D'ici là, lundi matin, Donald Tusk s'entretiendra avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi, et Jeroen Dijsselbloem.

Une bonne partie des réactions au référendum grec sont venues d'Allemagne, où la classe dirigeante ne cachait pas son exaspération. Si la chancelière Merkel est restée silencieuse, son ministre de l'Économie, le social-démocrate Sigmar Gabriel, a jugé difficile d'engager désormais des négociations sur un nouveau plan d'aide à Athènes.

Estimant que le Premier ministre grec acculait ses concitoyens au désespoir, Sigmar Gabriel, par ailleurs vice-chancelier, a estimé qu'Alexis Tsipras avait coupé les derniers ponts par lesquels un compromis avec l'Europe aurait pu être trouvé.

Quant au vice-président du groupe conservateur CDU-CSU au Bundestag, Michael Fuchs, il a estimé qu'Alexis Tsipras avait provoqué un "désastre" et qu'il devait maintenant "ramasser les morceaux".

Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon applaudissent

En France, ni la présidence de la République ni le gouvernement n'ont commenté la situation grecque dimanche soir. L'extrême droite et une partie de la gauche ont en revanche salué la victoire du "non" au référendum en Grèce, les uns y voyant une nouvelle raison de sortir de l'euro, les autres un levier pour que le gouvernement Tsipras obtienne gain de cause.

Le fondateur du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, pourfendeur de l'Allemagne et d'Angela Merkel en particulier, s'est félicité d'un résultat qui doit permettre, selon lui, à la Grèce d'obtenir une aide plus adéquate de l'Europe.

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