Les salariés de la sous-traitance du Park Hyatt Vendôme à Paris, en grève depuis 18 jours, ont été délogés vendredi par les forces de l'ordre des accès au palace parisien qu'ils bloquaient. Ils dénoncent une entrave au droit de grève. La direction, elle, compte porter plainte pour entrave au droit du travail.

Pancartes revendicatives des employés grévistes de du Park Hyatt Vendôme à Paris
Pancartes revendicatives des employés grévistes de du Park Hyatt Vendôme à Paris © Maxppp / Alexis Sciard

Ils occupaient plusieurs entrées du palace depuis le 25 septembre dernier pour demander leur intégration dans les effectifs du palace parisien. Une vingtaine de salariés de la sous-traitance de l'hôtel ont été délogés vendredi par la police. Ce vendredi après-midi, ils ont été maintenus à distance de l'entrée de cet hôtel de luxe du IIe arrondissement par un cordon d'une trentaine de policiers en tenue anti-émeute, a constaté sur place un journaliste de France Inter.

Le député la France Insoumise de Seine Saint-Denis Éric Coquerel est venu apporter son soutien aux manifestants ce vendredi.

Une bousculade à l'aube

Si cette journée de mobilisation a pris un tour différent des précédentes, c'est parce que vers cinq heures du matin, la société de sous-traitance STN a souhaité faire travailler des personnels non-grévistes pour suppléer ceux qui sont mobilisés. Les grévistes se sont donc opposés, y voyant une entrave au droit de grève. La sécurité est intervenue ce qui a entraîné une bousculade. La CGT affirme que deux grévistes ont été blessés et envoyés à l'hôpital, l'un se voyant remettre un certificat d'arrêt de travail pour une durée de 15 jours. La direction et la société STN déplorent également deux blessés légers, à la main et à la jambe.

Entrave au droit de grève contre entrave au droit du travail

"On est des grévistes, on n'est pas des criminels", ont scandé une vingtaine de personnes repoussées devant une bijouterie, drapeaux CGT à la main, alors que l'accès à l'hôtel était en cours de nettoyage. "C'est la première fois sur Paris que je vois la police en ingérence totale sur un conflit du travail, c'est une entrave complète au droit de grève", s'est indigné Rémi Picaud, secrétaire général adjoint de l'union syndicale CGT du commerce et des services dans la capitale, venu en soutien aux grévistes. De son côté, la direction de l'hôtel dénonce une entrave au droit du travail de la part des grévistes et compte porter plainte.

Les grévistes - près de 75% du personnel de la sous-traitance, selon la CGT-HPE - réclament leur internalisation dans les effectifs de l'hôtel qui fait appel à une société extérieure pour son service hébergement (gouvernantes, femmes de chambre, équipiers, valets de chambre). Ils demandent également une augmentation pour leurs collègues déjà intégrés, dont une dizaine sont aussi en grève selon la CGT-HPE. Autre revendication, la mise en place de délégués de proximité. Les ordonnances réformant le droit du travail ont supprimé le droit pour les salariés de la sous-traitance de se présenter aux élections professionnelles dans l'établissement où ils sont mis à disposition.

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