En ce début d'année 2018, l'activité hôtelière est au beau fixe, malgré les grèves du printemps, selon une étude du cabinet de conseils MKG. Cependant, en fonction de leur localisation et de leur niveau de gamme, tous les hôtels ne bénéficient pas de ce retour des touristes.

Les hôtels de luxe qui accueillent une clientèle internationale sont ceux qui bénéficient le plus de cette embellie.
Les hôtels de luxe qui accueillent une clientèle internationale sont ceux qui bénéficient le plus de cette embellie. © Maxppp / Fabien Cottereau

Après les attentats de 2015, puis ceux de 2016, l'Hexagone a été boudé un temps par les touristes, et les hôteliers n'avaient plus vraiment de quoi sourire. Les grèves de la SNCF et d'Air France ont menacé de plomber la légère amélioration de l'année 2017. Finalement, malgré un ralentissement aux mois d'avril et mai, le cabinet de conseils MKG observe qu'au premier semestre 2018, "la fréquentation progresse de 1,5 point" par rapport à l'année précédente.

Les hôtels franciliens battent des records, avec un taux d’occupation supérieur à 76 % sur les six premiers mois de l’année. C'est 3,3 points de plus que le taux d'occupation de la même période, en 2017. "C’est rassurant et c’est vrai que nous l’avons aussi constaté par rapport aux deux années difficiles que nous venons de passer", s'enthousiasme Hervé Bécam. Le vice-président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie déplore tout de même 200 millions d’euros de perte estimée, sous l'effet des grèves des transports. Un manque à gagner enregistré, notamment, sur les ponts du mois de mai.

Le grand écart des régions

"Il a fallu que la clientèle du troisième âge, importante en avant-saison, mais très sensible à la certitude de leurs déplacements, prenne un peu la mesure des grèves, explique-t-il, en tourisme d’affaires également, bon nombre de réservations ont été annulées sur des déplacements importants pour des séminaires".

Résultat : "Plus dépendants de la déserte TGV", les secteurs hôteliers de certaines villes littorales ou rurales demeurent "à contre-courant de cette tendance positive", constate Vanguélis Panayotis, président de MKG Consulting. C'est le cas des hôtels lillois ou bordelais, par exemple.

Pour se refaire, ces établissements ne pourront pas compter sur juillet et août, "des mois où, dans un contexte économique normal, les entreprises sont déjà à 90% de leurs capacités, elles pourront difficilement faire plus", ajoute Hervé Bécam. Pour le syndicaliste, seul "un prolongement de l’activité saisonnière aux mois de septembre et d'octobre" leur permettrait de compenser les pertes liées aux grèves.

Les palaces tirent leur épingle du jeu

Les touristes étrangers reviennent et cela profite surtout aux hôtels haut-de-gamme qui gagnent 2,6 points de taux de fréquentation en un an. À Paris ou sur la Côte d'Azur, les luxueuses chambrées se remplissent d'une clientèle venue d'Amérique du Nord ou d'Asie, prête à s'offrir la nuitée pour 1 000 à 1 500 euros en moyenne.

L'étude est optimiste. En continuant sur cette lancée, la destination France pourrait "se rapprocher des performances enregistrées chez nos voisins du bassin méditerranéen en 2017".

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