une entreprise d'élevage porcin jugée responsable de la surdité d'un employé
une entreprise d'élevage porcin jugée responsable de la surdité d'un employé © reuters

Ce matin, au marché du porc breton (MPB), au marché au cadran à Plérin (22), aucune cotation n’a eu lieu entre les deux plus gros acheteurs de porcs et les éleveurs. La Cooperl et Bigard/Socopa estiment qu’à 1,40 euro le kilo, le prix de la viande de porc est trop élevé. Le Ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a annoncé des mesures conjucturelles et structurelles pour faire face à la "crise du porc français".

Enième rebondissement dans la crise de la filière porcine. Les éleveurs porcins ne sont pas parvenus à fixer les prix du porc, ce matin, en l’absence des deux géants industriels, Cooperl et Bigard/Socopa. Jean-Pierre Joly, directeur du MPB, explique avoir été averti lundi soir, que les deux groupes ne participeraient pas aux cotations.

Paul Auffray - Président de la Fédération nationale porcine (FNP)

C’est une première dans le fonctionnement du marché

Le prix actuel du porc, fixé à 1,40 euro le kilo par le gouvernement le 12 juin dernier, met à mal le marché français, qui peine à faire à la concurrence européenne. En Allemagne comme en Espagne, le cours du porc est inférieur de 25 centimes à celui en France. La raison ? Des exigences sociales ou environnementales moins contraignantes. Paul Auffray, président de la Fédération nationale porcine (FNP), estime qu’il est difficile de s’aligner sur des pays qui payent leur salarié 6€ de l’heure.

Par ailleurs, l’embargo russe sur les produits occidents pénalise fortement le marché français depuis maintenant un an.

Paul Auffray évalue les pertes pour les éleveurs porcins à plus de 800 millions d’euros.

"Chacun doit assumer sa responsabilité"

Le Ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a déclaré ce matin, vouloir maintenir le prix du porc à 1,40 euros le kilo. Il précise que des discussions sont en cours avec l'ensemble de la filière porcine française, afin de trouver "rapidement des solutions à cette crise" qui dure depuis 2010. "Je n'envisage pas qu'il n'y ait pas de cotation au marché du cadran à Plérin", a précisé le Ministre.

Stéphane Le Foll rappelle que les engagements qui avaient été pris en juin sont "communs et collectifs" et que les industriels absents du marché de Plérin, n'avaient alors, pas proposé d'autres solutions à la crise porcine.

Le point de presse de Stéphane Le Foll
Le point de presse de Stéphane Le Foll © capture d'écran

Le Premier ministre Manuel Valls, en déplacement à Vauvert dans le Gard pour rencontrer des acteurs du monde agricole, a rappelé son soutien aux éleveurs. Il a précisé que la situation à Plérin n'était pas représentative de l'ensemble du marché français : seul 30% du marché français dépend du cadran de Plérin.

Manuel Valls précise que " le marché du cadran est emblématique mais il ne représente qu'une petite partie des transactions dans ce domaine"

Une table ronde devrait avoir lieu à la fin du mois d'août, afin de réfléchir à "la volatilité des prix du porc, de la viande porcine et bovine", a déclaré le Ministre de l'Agriculture. Des assises sur les "nouvelles formes de commercialisation" se tiendront début septembre, selon Stéphane Le Foll.

De leur côté, les éleveurs devraient se réunir jeudi matin, afin de discuter de la crise actuelle.

Les éleveurs attendent des mesures concrètes

Yves-Hervé Mingant, responsable de la filière porc des Jeunes agriculteurs dans le Finistère, n'est pas convaincu par les propositions de Stéphane Le Foll. Il réclame des mesures concrètes et rapides. "Certes les industriels sont en crise depuis quelques semaines mais pour nous, cela fait sept ans en production porcine que nous n'arrivons pas à équilibrer nos comptes".

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