Castorama
Castorama © Tim Somerset/Maxppp -Montpellier / Tim Somerset/Maxppp -Montpellier

Le tribunal de commerce de Bobigny a donné raison à Bricorama, victime d'une concurrence déloyale de Castorama et Leroy Merlin. Ces enseignes ne pourront plus ouvrir le dimanche en Ile-de-France. Elles ont décidé de ne pas se laisser faire.

La décision concerne 15 magasins en tout, neuf Leroy Merlin et six Castorama. Bricorama, poursuivi par le syndicat FO, avait été lui-même obligé de fermer ses 24 magasins d'Ile-de-France le dimanche. La décision judiciaire de jeudi intervient après celle de restreindre les horaires d'ouverture de Séphora sur les Champs-Elysées le soir.

Le PDG de Bricorama a salué la décision de justice et a défendu une législation égalitaire :

Ce que je souhaite, c'est tous fermés, tous ouverts, mais tous égaux. Si mes clients veulent venir me voir le dimanche, je dois les satisfaire, surtout que les magasins d'ameublement ont le droit d'ouvrir, les jardineries ont le droit d'ouvrir.

Leroy merlin a décidé de faire appel de la décision. Le Medef soutient les deux enseignes. Pour Geoffroy Roux de Bézieux, son vice-président, il serait temps de s'interroger justement sur la pertinence de notre législation, il est au micro de Delphine Simon :

Il y a destruction d'emplois et en plus les consommateurs sont pénalisés [...] Ce droit ne s'applique plus dans le monde moderne.

Le patron des patrons, Pierre Gattaz est sur la même ligne :

C'est une quadruple peine. Le Medef va pousser pour que, avec les partenaires sociaux et avec les députés, on modifie la loi.

Que dit la loi?

Selon le code du travail français, le repos hebdomadaire d'un salarié doit être de 24 heures consécutives et est accordé "dans l'intérêt des salariés" le dimanche. Des dérogations sont toutefois prévues pour certains types de commerce comme la restauration, les musées, les entreprises de presse ou l'ameublement et depuis 2009 dans les communes touristiques et les agglomérations de Paris, Lille et Marseille.

Jugée trop restrictive par les enseignes et par les salariés, la législation en vigueur est également critiquée par les syndicats qui voient dans la série de dérogations un risque de banalisation du travail dominical, sans salaire majoré. En 2011, près de 30% des salariés français travaillaient de manière occasionnelle ou habituelle le dimanche, selon l'Insee.

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