Pour enrayer la progression de l'épidémie, le gouvernement a annoncé que le port du masque allait très vite devenir obligatoire en entreprise, après une réunion avec les partenaires sociaux ce mardi.

Le ministère du Travail a plaidé pour le port du masque obligatoire dans certaines situations, comme les salles de réunions et les espaces de circulation des entreprises.
Le ministère du Travail a plaidé pour le port du masque obligatoire dans certaines situations, comme les salles de réunions et les espaces de circulation des entreprises. © Getty / Getty

Le port du masque devient obligatoire en entreprise, sauf dans les bureaux individuels. Les salariés devront désormais porter leur masque partout où l'on est susceptible de se croiser. Cela vaut ainsi pour les open spaces et les bureaux ouverts. La ministre du Travail s'est basée sur un avis du Haut conseil de la Santé publique du 14 août, portant sur la transmission du coronavirus par aérosol. La mesure entrera en vigueur dans les prochains jours.

Le masque n'est pas à la charge du salarié, ce sera à l'employeur d'en fournir. Ce n'était pas le cas jusqu'ici, tant qu'il s'agissait d'une recommandation. La ministre du Travail a également encouragé les employeurs à favoriser le télétravail.

Réponse aux revendication des syndicats de salariés

Cela répond à une revendication des syndicats de salariés formulée ces jours-ci.  Pour Yvan Ricordeau, secrétaire national de la CFDT, c'est une mesure "rassurante", car "il faut prendre le maximum de précautions. Désormais, "il faut que l'on s'accorde sur le texte qui fera référence, et la formulation, sur le site du ministère du Travail, et sur les modalités de mise en place de cette mesure dans les entreprises, notamment par le biais des réunions des représentants du personnel". 

Mais pour les entreprises, c'est un coût supplémentaire qu'il faudra prendre en compte. Le masque et les autres mesures liées à la Covid-19 en entreprise sont chiffrées à "100 euros par mois et par salarié" par la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises). "S’il y a des charges financières supplémentaires réclamées aux entreprises, il faudra qu’elles bénéficient d’aides supplémentaires !" a demandé Jean-Eudes du Mesnil, secrétaire général de la CPME. Il rappelle que la mise en place des protocoles sanitaires coûte cher en particulier pour les TPE (très petites entreprises) et les petites PME. "Or, beaucoup d’entre elles sont déjà dans une situation très difficile" souligne-t-il. 

Jusqu'à présent il n’y avait pas de règle générale en la matière, si ce n’est que tout employeur est tenu de veiller à la sécurité sanitaire de ses salariés. Un seul dispositif d'aide existe pour les entreprises de moins de 50 salariés : une subvention de 5000 euros, versée par la branche "accidents du travail et maladies professionnelles" de la Sécurité sociale. 

Selon Yvan Ricordeau, la ministre du Travail a également expliqué lors de la réunion, que l'administration, comme les entreprises, serait soumise à cette règle, et à l'obligation de financer les masques pour les fonctionnaires.

Benoît Serre, vice-président de l’Association nationale des DRH, appelait de ses vœux une mesure claire, en soulignant la contradiction entre l'obligation faite aux entreprises et les mesures d'accueil de tous les élèves du ministre de l’Education nationale. 

Les indicateurs statistiques de contaminations sont repartis à la hausse et inquiètent autorités sanitaires et gouvernement, qui craignent une deuxième vague susceptible de faire tanguer de nouveau le système hospitalier et l'économie. Devant les obligations de porter le masque à l'extérieur prises dans certaines villes, comme Paris et Marseille, plusieurs médecins ont milité ces derniers jours pour qu'il devienne obligatoire dans les espaces clos que sont les entreprises.

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