vers des économies dans tous les ministères
vers des économies dans tous les ministères © reuters

PARIS (Reuters) - Le ministère du Budget a demandé à tous les ministères de lui présenter ce mois-ci des propositions d'économies pour permettre à la France d'atteindre ses objectifs en matière de baisse des déficits publics sur la période 2014-2015.

Dans une circulaire en date du 29 janvier publiée sur le site du ministère, le directeur du Budget, Julien Dubertret, leur annonce le lancement de la procédure d'élaboration du projet de loi de finances 2014 par une série de réunions techniques prévues entre le 11 février et le 1er mars.

"La nouveauté de l'exercice cette année réside dans la nécessité de documenter des économies très ambitieuses pour 2014 et 2015", écrit-il.

"Je vous demande de présenter dès les conférences techniques vos principaux projets de réforme, accompagnés d'une évaluation chiffrée de leurs incidences sur les plafonds de dépenses pour les deux dernières annuités du budget triennal", ajoute le directeur du Budget.

La loi de programmation des finances publiques 2012-2017 votée l'an passé prévoit des baisses annuelles de dépenses de 10 milliards d'euros sur tout le quinquennat, auxquelles il faudra ajouter 10 milliards de plus pour le financement du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi.

Le gouvernement prévoit de ramener les déficits publics de 4,5% du PIB en 2012 à 3% en 2013 puis 2,2% en 2014 et 1,3% en 2015, avec en vue un solde structurel à l'équilibre en 2016 et 2017.

PRIORITÉ À LA BAISSE DES DÉPENSES

Après la forte hausse de la fiscalité intervenue sur 2012-2013, il a laissé entendre clairement que l'effort devait porter prioritairement sur les dépenses à compter de 2014.

Cet exercice délicat doit être facilité par le processus lancé fin 2012 de modernisation de l'action publique (MAP), qui a pour objectif de rendre l'action publique plus efficace et moins coûteuse.

Dans la circulaire aux ministères, le directeur du Budget indique encore que les propositions d'économies "feront l'objet d'échanges et d'approfondissements continus avec mes services jusqu'aux lettres-plafonds" de l'été, qui cadrent le projet de loi de finances.

Il déclare que, "à ce stade", les ministères peuvent encore travailler sur des prévisions de croissance de l'économie française "de 0,8% en 2013 et 2% par an les deux années suivantes."

Ces hypothèses sont nettement plus optimistes que les prévisions des organisations internationales, qui anticipent, comme le FMI, une hausse de 0,3% du PIB français en 2013. Les économistes interrogés dans une récente enquête Reuters tablent pour leur part sur une stagnation de celui-ci, qui compliquerait sérieusement la tâche du gouvernement.

Le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, a déclaré début janvier que la France comptait avoir "un échange sincère" sur les perspectives de croissance et de déficit de son économie avec la Commission européenne lorsqu'elle lui remettra une actualisation de son programme de stabilité, au début du printemps.

Yann Le Guernigou, édité par Gérard Bon

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.