Les commerçants avaient jusqu'au 1er janvier pour s'équiper de caisses enregistreuses ultra sécurisées, où toutes les opérations sont tracées et qui interdisent, à priori, toute fraude.

 Le nouveau logiciel permettant de sécuriser les caisses est obligatoire
Le nouveau logiciel permettant de sécuriser les caisses est obligatoire © Maxppp / Le Télégramme / François Destoc

Avec ces nouvelles caisses enregistreuses, terminées les rentrées d'argent au noir pour arrondir les fins de mois. Jusqu'ici, les commerçants indélicats n'avaient qu'à y implanter des petits programmes informatiques dans les systèmes d'encaissement qui permettaient d'opérer un tour de passe-passe bien connu dans le milieu de la restauration : une simple touche qui permet d'effacer une transaction et c'est comme si les trois cafés qui viennent d'être payés en espèce n'avaient jamais été commandés. 

Une manipulation impossible sur ces nouveaux logiciels de caisse complètement verrouillés, où chaque opération est enregistrée, archivée, inaltérable.

Patron d'un restaurant dans le IXe arrondissement de Paris, Adrien Valentin est déjà équipé. Il nous fait la démonstration sur sa tablette électronique : "tout est stocké en ligne. Vous rentrez les commandes, ensuite vous imprimez un ticket de caisse. Le soir quand vous clôturez, ça part directement à votre comptable."

On pourra toujours tricher, mais ça finira forcément par se voir, résume Jean-Luc Baert qui préside l'Acédise, l'association qui regroupe des constructeurs et des éditeurs de systèmes d'encaissement : "l'enjeu est de taille pour les caisses de l'État. Il ne s'agit pas seulement de la fraude fiscale, mais aussi de la fraude sociale. Si les espèces disparaissent, la TVA disparaît, mais il y a un impact aussi sur la déclaration de revenu, les cotisations sociales, etc". Selon l'Acédise, "la fraude peut atteindre 10 milliards d'euros par an".

Difficulté de mise en oeuvre, complexité administrative, coût, entre 3 et 5 000 euros, c'est aussi ce que dénonce Francis Palombi, le président de la confédération des commerçants de France, sans compter la stigmatisation : "Ce qui les a le plus irrités c'est que la mesure fait passer les commerçants pour des fraudeurs par la manière dont elle a été présentée."

À partir de janvier, les commerçants qui ne disposeront pas d'un logiciel certifié aux normes, s'exposeront à une amende jusqu'à 7 500 euros. 

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