Les ouvriers de Bosal dénoncent un "mépris" de leur direction
Les ouvriers de Bosal dénoncent un "mépris" de leur direction © Maxppp / Remi Wafflart

Ils réclament de meilleures primes extra-légales après la liquidation judiciaire de leur entreprise dans la Marne, un équipementier automobile et filiale du groupe néerlandais Bosal. Des bonbonnes de gaz ont été installées à des endroits stratégiques.

Cela fait plus d'un mois que les 58 salariés occupent leur usine, depuis la liquidation judiciaire prononcée en février par le tribunal de commerce de Reims. Un bras de fer qui prend une autre ampleur avec ces menaces.

Nous avons placé des bonbonnes de gaz sur les grilles d'entrée et fabriqué un immense bûcher à l'intérieur des locaux que nous sommes prêts à allumer. La citerne à incendie a également été vidée. Si les forces de l'ordre arrivent, on allume.

Gérard Gape est le délégué syndical CGT de Bosal-le-Rapide. Ce qui a mis le feu au poudre (métaphoriquement, pour l'instant), c'est l'échec du projet de Scop présenté par les salariés, un projet que le groupe "a fait capoter" volontairement, affirme le délégué syndical. Le groupe proposait de louer les locaux à la nouvelle Scop, mais a finalement changé son fusil d'épaule en leur proposant de l'acheter, pour un prix prohibitif : sept millions d'euros. Les salariés assurent que le site ne vaut pas plus d'un million.

Pas le premier coup d'éclat

Autre revendication : une égalité de traitement avec les salariés déjà licenciés. "Le groupe nous propose 8.000 euros par personne alors qu'en février 2012 nos collègues avaient touché 25.000 euros, c'est inacceptable et nous sommes déterminés à aller jusqu'au bout", explique Gérard Gape.

Le sous-traitant automobile réalisait plus de 90% de son chiffre d'affaires avec PSA et Renault. Mais en 2012, il a vu s'échapper un marché important, qui représentait 20% de son chiffre d'affaires. Le groupe a ensuite fermé une partie de l'usine, pour la délocaliser en Allemagne en en Hongrie. La mesure avait entraîné 86 suppressions de postes.

Ce n'est pas le première coup d'éclat des salariés. Par deux fois, ils avaient déjà séquestré des dirigeants pendant plusieurs heures, dénonçant "l'attitude méprisante" de leur maison-mère.

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