Contrairement aux 1,9 % de croissance attendue, celle-ci devrait s'établir à 1,7 % en 2019, obligeant le gouvernement à désindexer certaines prestations sociales. Mais dans le même temps, Edouard Philippe annonce la fin des cotisations salariales sur les heures supplémentaires.

Edouard Philippe à l'Assemblée nationale fin juillet 2018.
Edouard Philippe à l'Assemblée nationale fin juillet 2018. © AFP / Gérard Julien

Pas question de ralentir le rythme des réformes. Alors que le gouvernement a fait sa rentrée mercredi dernier, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé deux mesures radicales pour le budget 2019.

Dans un entretien au JDD paru ce dimanche, Edouard Philippe annonce une prévision de croissance de 1,7 % en 2019, contre les 1,9 % initialement prévus. Une baisse de 0,2 points qui va avoir des effets sur certaines prestations sociales.

Le chef du gouvernement a concédé que "si la croissance ralentit, il y aura forcément un impact" sur le déficit.

Trois prestations sociales seront concernées : "L'aide personnalisée au logement, les allocations familiales, les pensions de retraite [qui] progresseront de façon plus modérée, de 0,3 % par an en 2019 et en 2020." 

C'est nettement moins que l'inflation, qui a accéléré et s'élevait en juillet à 2,3% sur un an. 

200 euros supplémentaires par an pour les heures supplémentaires

En revanche, "les prestations qui bénéficient à nos concitoyens les plus fragiles, comme le RSA, seront augmentées conformément à la loi", a-t-il ajouté. Il a en outre assuré que "la prime d'activité, le minimum vieillesse, l'allocation pour les adultes handicapés" augmenteraient, quant à eux, "très significativement", conformément aux promesses de campagne du président Emmanuel Macron.

En parallèle, le Premier ministre a exprimé l'intention du gouvernement de soutenir le pouvoir d'achat des salariés, annonçant que "dès le 1er septembre 2019, les cotisations salariales sur les heures supplémentaires seront supprimées pour tous les salariés, dans le privé comme dans le public". 

Selon lui, "cela représentera en moyenne plus de 200 euros supplémentaires par an" pour "une personne payée au Smic" et la mesure coûtera "2 milliards" d'euros.

4 500 postes de fonctionnaires supprimés

Du côté des économies de budget, Edouard Philippe a également annoncé la suppression de 4 500 postes de fonctionnaires en 2019 et plus de "10 000 en 2020". 

"Pour la fonction publique d'État, nous tiendrons l'objectif du président de la République de supprimer 50 000 postes à l'horizon 2022", assure le Premier ministre. 

Les postes supprimés feront suite à des "réorganisations au ministère des Finances, dans l'audiovisuel public, dans le réseau extérieur de l'État".

Emmanuel Macron a promis au cours de sa campagne pour la présidentielle 120 000 suppressions de postes dans la Fonction publique au cours du quinquennat au total, dont 50 000 sur le périmètre de l'État où, dans le cadre du budget 2018, 1 600 suppressions de postes avaient déjà été actées.

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