la bdf anticipe une croissance de 0,1% du pib au 1er trimestre
la bdf anticipe une croissance de 0,1% du pib au 1er trimestre © reuters

Les prévisions économiques pourraient bien être revues à la baisse, que ce soit sur la croissance ou la réduction du déficit public. Les objectifs sont pour l'instant maintenus mais au sein du gouvernement, on reconnait qu'ils sont "difficiles".

C'est la Cour des comptes qui a dégonflé en quelques heures tout l'optimisme gouvernemental sur l'économie. Et pour cause : son rapport annuel, publié hier, tape sur les doigts des ministres en jugeant très improbable l'objectif de réduire le déficit public à 3% du PIB. Un point de vue que Laurent Fabius, du coup, juge "probable".

Mais le ministre des Affaires étrangères n'était que le premier à revoir (à demi-mot) ces objectifs à la baisse. Quelques minutes plus tard, les coups pleuvent sur les prévisions initiales, venus à la fois de Pierre Moscovici, ministre de l'Economie, et de Jérôme Cahuzac, ministre du Budget. Le premier avoue que "nous pourrons si c'est nécessaire réévaluer, réexaminer ces différents objectifs". Ils sont "maintenus", même s'ils sont "difficiles, c'est l'évidence".

Écoutez Pierre Moscovici au micro de Cyril Graziani.

Jérôme Cahuzac, lui, confirme que "ce sera effectivement très difficile". "La probabilité d'atteindre cet objectif s'est amenuisée au fur et à mesure que la croissance pâlissait non seulement en France mais plus généralement dans la zone euro et même dans le monde", ajoute-t-il sur France Inter. "Chacun sait bien qu'il est difficile d'atteindre des objectifs nominaux de déficits publics quand la conjoncture est à ce point défavorable".

Les deux ministres rappellent toutefois "l'effort considérable" mené par le gouvernement, qui vise une baisse des déficits structurels équivalant à 2,1 points de PIB cette année après 1,2 point en 2012.

Une éventuelle révision dans les cartons

Pierre Moscovici promet toutefois que le gouvernement s'en tiendra au calendrier annoncé pour une éventuelle révision. La prochaine étape, ce sera le 15 mars, eu Parlement, avec la présentation du programme de stabilité. Deux semaines avant, c'est le Haut conseil des finances publiques aura rendu un avis sur la question.

Et au niveau international ? La Commission européenne publiera le 22 février ses propres prévisions. Il faudra alors les comparer aux projections françaises. "C'est dans ce contexte-là que nous verrons s'il faut réévaluer ou non et quelles conséquences tirer de ces prévisions", explique Pierre Moscovici.

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