Les prix à la consommation augmentent de +0,6 en mars, +1,1% sur un an. Une inflation très modérée. Pourtant, les Français consomment moins (-0,8%).

Inflation en hausse, consommation en baisse selon les derniers chiffres de l'INSEE.
Inflation en hausse, consommation en baisse selon les derniers chiffres de l'INSEE. © Maxppp / NCY

En mars 2017, les prix à la consommation ont augmenté de +1,1% sur un an. L’inflation est en perte de vitesse, même si depuis trois mois, les prix à la consommation ne cessent d’augmenter : +1,3% sur un an en janvier et +1,2% sur un an en février d'après l'INSEE. Le rebond pour le seul mois de mars est de +0,6%, après +0,1% en février.

D'après l'Insee, l'augmentation des prix en mars est en partie du à un effet d'"après la fin des soldes d'hiver" et à une "nouvelle hausse des prix du tabac". Le 20 février dernier, les taxes sur le prix du tabac augmentaient de 15% sur le tabac à rouler soit environ un euro le paquet. A contrario, les prix de l'alimentation se sont repliés en mars, tout comme ceux de l'énergie en raison de la baisse du prix du pétrole.

En février, les Français coupent leur chauffage

Les chiffres de la consommation sont une donnée importante pour la croissance française traditionnellement portée par les achats des ménages. Et alors que les prix augmentent, les ménages consomment moins en février : -0,8% malgré une augmentation le mois précédent (+0,6%).

Même si le coût de l'énergie diminue, les dépenses se replient nettement (-10,9%). La consommation en gaz et en électricité baisse spécifiquement de -16,5% après une consommation accrue de +7,6 % en janvier. L'INSEE souligne que :

Ce profil marqué résulte des fortes variations des températures : le mois de février le plus chaud depuis 2007 a succédé au mois de janvier le plus froid depuis 2010.

Faut-il y voir un lien ? Les Français ont changé de garde-robe. Les ventes de textiles et de chaussures n’ont jamais été aussi bonnes depuis juillet 2010 (+8,8% en février après une baisse de -3,4% en janvier). Cette hausse serait en partie due au décalage d’une semaine des soldes d'hiver.

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Les dépenses en biens durables (des biens qui souffrent d'usure mais qui ne se détruisent pas après utilisation) sont reparties à la hausse (+0,9%), après deux mois consécutifs de baisse, tandis que les dépenses en équipement du logement se sont accélérées (+1,3% après +0,9% en janvier). Les achats d'automobiles, quant à eux, se sont légèrement redressés (+0,4% après -2,6%), entraînés selon l'Insee par "une légère reprise des achats de véhicules neufs".

Quid du pouvoir d'achat ?

Pour évaluer le pouvoir d'achat, il faut évoquer les salaires et leur évolution. Début 2017, le Smic a été revalorisé de 0,9 %, après +0,6 % en 2016, sans "coup de pouce" du gouvernement.

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Au premier semestre 2017, le regain d’inflation se répercute en partie sur les salaires : en réalité, la hausse des salaires resterait faible (+0,1% sur le premier semestre 2017). La dernière note de l'Insee à propos des salaires date de janvier dernier. Elle se base sur les chiffres de 2014 : le revenu salarial était alors évalué à 20 670 euros en moyenne en France.

Les chiffres de l'Insee ne prennent toutefois en compte que la consommation de biens, et pas celle de services. Et malgré cette baisse de la consommation en février, cette inflation légèrement inférieure à 2,0%sur un an est considérée comme un signe de bonne santé de l'économie, car ilcorrespondrait à la définition de la stabilité des prix.

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