Le journal Le Monde a révélé lundi 13 novembre les grandes lignes possibles de la réforme de l’audiovisuel public. Radio France et France Télévisions pourraient fusionner, et France Ô être supprimé. Le ministère de la Culture assure que ce ne sont que des documents de travail.

Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, Mathieu Gallet, président de Radio France, Marie-Christine Saragosse, directrice de France Media Monde, et Laurent Vallet, directeur général de l’INA
Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, Mathieu Gallet, président de Radio France, Marie-Christine Saragosse, directrice de France Media Monde, et Laurent Vallet, directeur général de l’INA © AFP / Miguel Medina

Pour l’instant, il s’agit de documents "non validés", contenant des "pistes de travail" pour réformer l’audiovisuel public, c’est ce qu’a affirmé lundi soir la ministre de la Culture. Françoise Nyssen a également annoncé vouloir déposer une plainte contre X après la publication de l’article du journal Le Monde.

Une des hypothèses, selon Le Monde, consisterait à "regrouper France Télévisions, Radio France et les autres sociétés du secteur" au sein d'une "holding" et également à "supprimer" France Ô, la chaîne des Outre-Mer. Une touche de mélancolie dont n'avait pas besoin le mois de novembre. Et comme si le terrain n’était pas assez miné, une des autre pistes serait de diffuser France 4 et Mouv’ uniquement sur internet.

Un rapprochement des réseaux régionaux

Selon le quotidien, le document serait la contribution au "Comité Action publique 2022" auquel Matignon a demandé de proposer des réformes et des économies pour le service public. Visiblement, les recherches sont fructueuses. Certains lecteurs ne passeront pas à côté du champ lexical de la fusion (celle-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le- nom): "rapprochement", "mutualisation", "regroupement", "reconfiguration", "aligner des synergies", etc. 

La piste du rapprochement des réseaux de France Bleu et France 3 comprendrait: 

  • la fermeture des bureaux régionaux de France 2
  • un recentrage de l’offre régionale de France 3 et de la révision de maillage régionale d’information de France 3
  • la mutualisation de l’information nationale et internationale

Jusqu’à maintenant le projet d’une union avait été systématiquement écarté par France Télévisions et Radio France, d’après Le Monde. Notamment parce que cela impliquerait un alignement sur la convention collective de France Télévisions, plus avantageuse que celle de Radio France. Sur ce point, le document reste vague.

Peu de précisions également sur la "reconfiguration des orchestres" de Radio France qui revient sur le tapis. Au début du mandat de Mathieu Gallet, une grève de 28 jours avait permis d'obtenir l'abandon du projet de fusion des deux formations musicales. 

"Risque de très fortes réactions"

Alors que l’audiovisuel public doit se serrer la ceinture dès 2018 et faire des économies à hauteur de 50 millions d’euros pour France Télévisions et 20 millions d’euros pour Radio France, se pose aussi la question des suppressions d’emplois. Le texte du ministère de la Culture n’exclut rien mais rappelle la mise en place de plans de réductions d’effectifs: "- 516 équivalents temps plein en 2022 par rapport à 2017".

Les deux structures pourraient aussi se préparer à des "départs non volontaires difficiles à éviter". Les auteurs envisagent déjà que l’ébullition vire au débordement puisqu'ils écrivent sur le document: "Risque de très fortes réactions des personnels et des élus locaux à attendre".

Qui pour présider ce regroupement de médias ?

Pour rééquilibrer la balance et rendre une certaine autonomie à l'audiovisuel public, Emmanuel Macron agite la carotte du changement de nomination des présidents. Désormais, le CSA n'aurait plus cette compétence qui reviendrait aux conseils d'administrations de France Télévisions et Radio France. Il s'agit aussi d'imaginer comment s'effectuera la gouvernance de cette "holding" et de nommer le nouveau dirigeant. 

Selon Le Monde, le document précise que toutes ces réformes pourraient potentiellement être mises en œuvre en 2018 dans la loi qui transposera la directive européenne sur les services de médias audiovisuels.

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