C'est la première étude du genre à se baser sur des données historiques : deux économistes américains révèlent qu'un robot détruit 5 à 6 emplois pour 1.000 ouvriers.

Ces 1 000 robots se sont eux contentés de remplacer les danseurs du festival international de la bière de Tsingtao, en Chine.
Ces 1 000 robots se sont eux contentés de remplacer les danseurs du festival international de la bière de Tsingtao, en Chine. © Maxppp / Yu Fangping

Jusqu'ici, les différentes études menées sur la robotisation des tâches pointaient le "risque" de disparition d'emplois. Cette fois, deux chercheurs du MIT et de l'université de Boston regardent dans le rétroviseur. Leurs conclusions sont sans appel : les robots ont détruit jusqu'à 670.000 emplois dans l'industrie manufacturière des États-Unis entre 1990 et 2007.

Les métiers qualifiés, prochaines victimes de l'automatisation

La robotisation qui détruit les emplois peu qualifiés et qui fait baisser les salaires, on le savait. Ce qu'on ne savait pas en revanche (beaucoup disent même le contraire) c'est qu'elle ne crée pas non plus de métiers qualifiés. Les chercheurs Daron Acemoglu et Pascual Restrepo vont à l'encontre de la théorie de "destruction créatrice". Selon eux, entre 1990 et 2007 aux États-Unis, le nombre de robots a été multiplié par quatre. Pas le nombre d'ingénieurs ou de services qui devraient aller avec.

Pire, si aujourd'hui la robotisation ne dépasse pas les 10% dans de nombreux secteurs, elle devrait remplacer plus de la moitié des emplois dans les vingt prochaines années. Les algorithmes et l'intelligence artificielle sont les plus menaçants, selon Romain Lucazeau, co-auteur d'une étude sur la transformation des métiers pour le cabinet Roland Berger :

Des logiciels sont maintenant capables de faire gagner en productivité des équipes de comptables, de RH ou d'auditeurs... Bien sûr qu'il y aura toujours des créations d'emplois très qualifiés mais elles ne répondront pas aux pertes d'emplois dans d'autres secteurs.

L'enjeu, selon Romain Lucazeau, est désormais de développer la "formation professionnelle tout au long de la vie". Notamment en France, où ce système n'est "pas le plus performant du monde".

►À France Inter, un robot remplace Frédéric Beigbeder :

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