Nouveau chiffre d'affaires record pour Uber en 2016 et en même temps de lourdes pertes. Quelle est la stratégie économique de cette entreprise confrontée à un mouvement social ?

Le PDG d'Uber, Travis Kanalick, lors d'une rencontre avec des étudiants à Mumbai, en Inde.
Le PDG d'Uber, Travis Kanalick, lors d'une rencontre avec des étudiants à Mumbai, en Inde. © Reuters / Danish Siddiqui

Un chiffre d’affaires qui ne cesse de grimper et un déficit qui explose. Les résultats économiques de l'entreprise de véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) Uber, révélés par le site américain Bloomberg, peuvent surprendre. En 2016, les pertes de l’entreprise atteindront 2,8 milliards d’euros. C’est plus de la moitié de son chiffre d’affaires pour l’année : 5,3 milliards d’euros. Une situation qui peut paraître inquiétante mais pourtant l'entreprise s’en sort très bien. Son modèle économique mêle optimisation fiscale, investissements lourds et levées de fonds.

En France, Uber est représenté par sa filiale Uber France SAS. Elle ne s’occupe que du support marketing de l’entreprise, de la promotion de la marque et des relations avec les partenaires. Ce qui permet à Uber de ne payer que très peu d’impôts au fisc français. Un peu plus de 100.000 euros. Uber utilise, comme beaucoup de géants américains de la high tech, l’optimisation fiscale. Ses revenus sont répartis entre plusieurs pays et notamment deux paradis fiscaux : le Delaware, aux Etats-Unis, et les Bermudes.

15 milliards d’euros de levées de fonds en 15 ans

Mais si Uber fonctionne aussi bien, c’est surtout grâce à l’argent frais dont l'entreprise dispose. La société n’est pas cotée en Bourse, et comme beaucoup d’entreprises de l’économie collaborative, elle utilise les levées de fonds auprès d’investisseurs pour se financer. Depuis sa création en 2009, Uber a récolté près de 15 milliards d’euros.

Tout cet argent emprunté lui permet de financer sa stratégie de développement, plutôt agressive. Uber est prêt à tout pour gagner des parts de marchés. Lorsque l’entreprise s’implante dans une ville, elle casse les prix pour attirer des clients et elle garantit une forte rémunération aux chauffeurs pour en recruter plus. Surtout, les commissions d’Uber, l’argent que l’entreprise prend sur les trajets réalisés par ses chauffeurs, sont une véritable variable d’ajustement. C'est ce qui permet au modèle d’Uber de perdurer. Et c'est justement contre la hausse de ces commissions que les chauffeurs Uber français protestent aujourd'hui à Paris.

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