En plein débat sur la réforme des retraites, le groupe de protection sociale Malakoff Médéric Humanis publie une étude sur l'allongement de la vie professionnelle, qui pose problème aussi bien aux salariés qu'aux dirigeants d'entreprise.

On travaille de plus en plus longtemps, mais nos entreprises nos font pas grand chose pour aider les salariés seniors (illustration).
On travaille de plus en plus longtemps, mais nos entreprises nos font pas grand chose pour aider les salariés seniors (illustration). © Getty / TommL

Selon les dernières données de l'Insee, six Français sur dix, âgés de 50 à 64 ans, ont une activité professionnelle. Ils étaient seulement 53% en 2007. Leur nombre devrait continuer de croître dans les années qui viennent, sous l'effet cumulé d'une nouvelle réforme des retraites et de l'entrée de plus en plus tardive sur le marché du travail. Et cet allongement de la vie professionnelle est source de fortes inquiétudes pour 34% des salariés et 60% des dirigeants.

Inquiétudes et inaction

L'étude réalisée auprès de 1 003 salariés et 400 dirigeants d'entreprise montre surtout que cette inquiétude ne se traduit pas par des plans d'actions. Seule une entreprise sur cinq a mis en place des formations ou des adaptations du temps de travail pour ses salariés les plus âgés. Pourtant, plus de huit travailleurs interrogés sur dix expliquent ressentir une fatigue physique, une usure professionnelle ou une lassitude. Et 70% craignent une perte d'employabilité.

Ce que traduit Elizabeth, tout juste 50 ans, et qui travaille pour Pôle Emploi : "On nous met des objectifs qui ne sont pas forcément réalisables. Je sens que les choses vont très vite et j'ai l'impression d'être laissée à l'arrière. Je me dis que je vais m'accrocher pour rester jusqu'au bout, mais je ne serais pas étonnée de devoir laisser mon poste à des plus jeunes." 

Des compétences, mais un manque de souplesse

Comment les entreprises gèrent-elles ces salariés qui ont déjà au moins 30 ans de carrière ? Assez mal, si l'on en croit cette étude. Les managers reconnaissent les qualités de ces seniors : compétence, expérience, autonomie, capacité à prendre du recul. Mais ils sont 48% à regretter leur manque de souplesse, d'adaptabilité aux transformations de l'entreprise (33%), et de maîtrise des nouveaux outils et technologies (40%).

L'étude de Malakoff Médéric Humanis propose quatre axes de solutions : agir sur les conditions de travail en renforçant la prévention santé et pénibilité pour éviter au maximum les risques et maladies professionnelles ; mettre en place plus de formations ; lutter contre les discriminations liées à l'âge, et miser sur l'intergénérationnel avec la transmission des compétences vers les plus jeunes. Et conclut qu'il faut surtout mieux anticiper. Aujourd'hui, les rares mesures qui sont prises le sont trop tard. Alors que nous sommes tous appelés à travailler jusqu'à un âge plus avancé.

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