Le fabricant américain de pneumatiques Goodyear pourrait venir gonfler la liste de suppressions d'emplois dans la filière automobile en France, en annonçant mercredi la fermeture de l'une de ses deux usines d'Amiens, Amiens-Nord, qui compte 1.250 salariés.

Sur place, l'inquiétude domine: reportage de Camille Labrousse

La direction de Goodyear France va annoncer sa décision lors d'un comité central d'entreprise (CCE), affirme vendredi le quotidien Le Monde. L'ordre du jour de la réunion n'évoque qu'une "information aux représentants du personnel concernant la stratégie du groupe pour le site d'Amiens-Nord". La direction américaine de Goodyear s'est contentée de confirmer la tenue de cette réunion et d'indiquer qu'elle ne communiquerait qu'une fois informés les représentants du personnel.Une source proche du dossier, contactée vendredi par l'AFP, a en revanche indiqué que la fermeture du site d'Amiens-Nord était "une des hypothèses retenues par la direction".

Pour part, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a indiqué que son ministère suivait "depuis plusieurs mois" le dossier de l'usine de pneumatiques Goodyear d'Amiens.

L'américain Titan s'était montré intéressé pour reprendre le site, mais le processus se heurte à l'opposition de la CGT qui refuse un plan de départs volontaires faute de garanties sur l'activité.

Ecoutez la réaction de l'avocat de la CGT, Fiodor Rilov avec Marion L'hour

Début janvier, la CGT a alerté que la direction était en train de "préparer un nouveau" plan social.L'annonce d'une possible fermeture du site d'Amiens intervient dans un climat morose pour l'industrie automobile française, qui subit la crise de plein fouet. Les deux grands constructeurs français rencontrent des difficultés, qui se répercutent sur toute la filière. PSA Peugeot Citroën avait annoncé en juillet la suppression de 8.000 postes et la fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Renault, pour sa part, a annoncé récemment un plan qui prévoit la suppression nette de 7.500 postes d'ici 2016, soit plus de 15% de ses effectifs français. Fin octobre, Goodyear avait attribué à la crise européenne la chute de 23% de sa rentabilité au troisième trimestre. Le groupe américain "pâtit des difficultés macroéconomiques auxquelles nous faisons face en Europe", avait alors reconnu son PDG Richard Kramer.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.