Quelque 10,3 milliards d'euros ont été consacrés en 2013 aux trains régionaux
Quelque 10,3 milliards d'euros ont été consacrés en 2013 aux trains régionaux © MaxPPP

Dénonçant une dégradation de la ponctualité des trains régionaux, l'association UFC-Que Choisir a appelé mardi les usagers à la mobilisation en lançant une application pour mieux recenser les retards et une pétition pour l'instauration d'une tarification variable en fonction de la qualité réelle des transports.

"En 2014, seulement 89,5% des TER (trains express régionaux) sont arrivés à destination avec un retard inférieur à 6 minutes" et "malgré plus de 7 milliards d'euros investis par les régions dans le renouvellement des TER depuis 2002, on constate une dégradation inacceptable de la ponctualité, qui était meilleure il y a dix ans (90,4%)", fait valoir l'organisation de défense des consommateurs.

> Lire ici l'intégralité de l'enquête de l'association UFC-Que Choisir

Qualité "désastreuse" dans le sud de la France

Les performances des TER sont en outre très variables d'une région à l'autre avec des zones comme l'Alsace (95,2% de ponctualité), et dans une moindre mesure la Champagne-Ardenne ou la Bretagne, affichant une ponctualité satisfaisante, quand les régions du sud de la France présentent "une qualité désastreuse, notamment en Provence-Alpes-Côte d'Azur (seulement 77,3% de ponctualité)".

Grâce aux signalements fournis à chaque problème (date, nature et durée de l'incident, motifs)", les usagers peuvent "contribuer à la création d'un Observatoire indépendant et participatif de la qualité des transports régionaux

"En Ile-de-France, la situation n'est pas plus brillante, avec 550.000 usagers des RER et Transiliens qui subissent chaque jour un retard", remarque UFC-Que Choisir. Pour avoir de meilleures données à ce sujet, l'association a lancé une application gratuite, baptisée "Anti-Retards". "Grâce aux signalements fournis à chaque problème (date, nature et durée de l'incident, motifs)", les usagers peuvent "contribuer à la création d'un Observatoire indépendant et participatif de la qualité des transports régionaux", explique l'association.

Des coûts d’exploitation 50% plus élevés qu’en Allemagne

L'organisation déplore parallèlement que ces retards se produisent en dépit de coûts d'exploitation 50% plus élevés qu'en Allemagne". Quelque 10,3 milliards d'euros ont été consacrés en 2013 aux trains régionaux et les subventions ont atteint l'équivalent, hors investissements, de 7.800 euros par abonné au TER et par an, et de 1.500 euros en Ile-de-France, détaille l'organisation.

La SNCF protégée par son monopole ?

Ces coûts élevés sont, selon elle, une "dérive des coûts d'exploitation de la SNCF, protégée par son monopole". L'association regrette aussi "des faibles incitations à la qualité": "les bonus/malus, qui incluent une part de rémunération variable dans les subventions reçues par les transporteurs pour les trains régionaux, sont dérisoires" et "les abonnés qui subissent ces retards ne sont, sauf rares exceptions encore embryonnaires, pas indemnisés par les transporteurs". Aussi UFC-Que Choisir lance la pétition "Payons en fonction de la qualité", "demandant une baisse automatique du tarif des abonnements en cas de retards récurrents sur une ligne".

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