La ministre du Travail Muriel Pénicaud présente ce vendredi en Conseil des ministres son projet de loi "avenir professionnel", avec un volet très attendu sur l'apprentissage.

Visite ministérielle devant une chaîne de montage d'engins de chantier.
Visite ministérielle devant une chaîne de montage d'engins de chantier. © Radio France / François Cortade

L'apprentissage, voie par excellence du marché du travail, est valorisée depuis cet hiver par le gouvernement. Alors que Muriel Pénicaud présente ce vendredi le projet de loi "avenir professionnel", les questions sont très centrées autour des apprentis. 

En février déjà, le Premier ministre Edouard Philippe avait suscité de vives critiques de la part des présidents des régions, lorsqu'il avait dévoilé une série de mesures visant à réformer l'apprentissage.

Hervé Morin, président de la région Normandie et président de l'association des régions de France, avait notamment regretté le manque de valorisation du cursus : "Tant qu'on aura un schéma dans lequel on continuera à dire que l'apprentissage c'est fait pour les mauvais, que ce n'est pas une voie d'excellence, tant que les familles auront toujours des représentations qui datent d'il y a 50 ans, on aura toujours beaucoup de mal à développer l'apprentissage."

Les présidents des régions dénoncent le fait que le gouvernement les dépouille de leurs compétences quant au financement des centre de formation et à l'orientation des élèves, une orientation qui devrait se faire en fonction des besoins des bassins d'activité de chaque région, en lien avec l'Éducation nationale.

Les régions, qui perdent la main sur la moitié de la taxe d'apprentissage, ont donc dénoncé une "privatisation du système" qui mettrait en danger l'offre de formation dans des zones rurales ou des quartiers sensibles. Elles disposent toutefois encore d'une enveloppe de 250 millions d'euros pour tenir compte des spécificités de l'aménagement du territoire ainsi que de 180 millions d'euros pour des investissements dans les CFA.

Le projet de loi entretient par ailleurs encore un flou sur les instances de gouvernance au niveau régional. Cette particularité irrite le président du Medef, Pierre Gattaz, qui estime que les branches et les entreprises doivent être les "pilotes" du système et les régions, les "copilotes".

Des campagnes pour assurer la réussite de l'apprentissage

Ce vendredi, des détails devraient donc être précisés concernant les mesures annoncées et notamment la possibilité d'entrer en apprentissage jusqu'à 30 ans, le financement des centres de formation (CFA) selon le nombre d'apprentis qu'ils accueillent, la suppression du passage obligatoire devant les Prud'hommes pour licencier un apprenti, la simplification des aides aux employeurs d'apprentis et un assouplissement des règles relatives au temps de travail des apprentis mineurs.

L'apprentissage souffre d'un manque de popularité. En France, seuls 7  % des jeunes de 16 à 25 ans choisissent ce mode de formation, contre 15  % dans les autres pays européens.

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