par Julien Toyer et Emmanuel Jarry

BRUXELLES (Reuters) - Les dirigeants de l'Union européenne ont accentué jeudi la pression sur la Grèce afin qu'Athènes adopte de nouvelles mesures d'austérité en échange d'un soutien financier accru, qui lui éviterait de faire défaut sur sa dette mi-juillet.

Ce quatrième sommet de l'année intervient au lendemain du début de discussions entre les gouvernements de la zone euro et les banques et assureurs créanciers de la Grèce en vue de leur participation au second plan d'aide.

Aucune décision n'est attendue jeudi et les dirigeants des Vingt-Sept devraient se limiter à endosser la ligne adoptée dans la nuit de dimanche à lundi par leurs ministres des Finances, à savoir un soutien conditionnel à Athènes.

Ces derniers ont donné jusqu'au 3 juillet aux autorités grecques pour faire adopter au Parlement les mesures d'austérité afin de convaincre les Européens de débloquer la prochaine tranche d'aide de 12 milliards d'euros et de préparer le second plan.

A Athènes, le représentant du Fonds monétaire international en Grèce a dit s'attendre à un accord dès ce jeudi entre le gouvernement grec et la délégation de l'UE et du FMI sur les termes du nouveau plan d'austérité, dont certaines mesures ont été dévoilées par le ministre des Finances.

Selon une source européenne de haut rang, la Grèce aurait désormais besoin d'un financement public UE/FMI de 55 milliards d'euros jusqu'à 2014, qui s'ajouteraient aux 57 milliards devant encore être débloqués dans le cadre du premier plan de soutien de 110 milliards d'euros adopté en mai 2010.

PRESSION

Avant le sommet, un nouvel appel à la responsabilité et à l'unité a été lancé au Premier ministre grec, George Papandréou, et au chef de l'opposition, Antonio Samaras, qui ne parviennent pas à s'entendre sur le détail des mesures à adopter.

"Toutes les conditions doivent être remplies (...) Si la Grèce fait ce qu'elle a à faire, nous ferons ce que nous avons à faire. Ce n'est pas une menace. C'est juste la confirmation de nos efforts continus", a déclaré le président de l'Eurogroupe et Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker.

Il a ensuite expliqué avoir pressé Antonio Samaras "d'abandonner sa position négative" d'opposition dure à la politique menée par George Papandréou.

La chancelière allemande Angela Merkel, le président français Nicolas Sarkozy, celui du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et celui de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, ont aussi rencontré le premier ministre grec avant que ne s'ouvre le sommet.

Rien n'a filtré de cette réunion, qui s'est tenue pendant près d'une heure dans le bureau d'Herman Van Rompuy.

Les investisseurs restent toutefois sceptiques sur la situation grecque et les instruments d'assurance sur un défaut sur la dette souveraine grecque étaient en hausse jeudi.

DRAGHI

Les chefs d'Etat et de gouvernement doivent également valider plusieurs aspects de la "réponse globale" à la crise de la zone euro qu'ils n'avaient pu mettre au point lors de leur précédente réunion fin mars.

Ils endosseront ainsi le relèvement des capacités effectives du Fonds européen de stabilité financière (FESF) pour les porter à 440 milliards d'euros - 750 milliards en tout en y ajoutant la participation du Fonds monétaire international et celle d'un instrument communautaire de 60 milliards d'euros.

Ils approuveront par ailleurs le traité visant à créer le Mécanisme européen de stabilité, qui succédera au FESF à partir de mi-2013 et organisera la participation du secteur privé au financement de pays de la zone euro en difficulté à cette date.

Enfin, ils devraient discuter du choix de l'Italien Mario Draghi pour remplacer Jean-Claude Trichet à la présidence de la Banque centrale européenne à partir du 1er novembre.

Selon plusieurs sources, Nicolas Sarkozy en profitera pour insister auprès de Silvio Berlusconi sur la nécessaire démission de Lorenzo Bini-Smaghi, membre italien du directoire de la BCE, afin de laisser sa place à un candidat français.

Si le choix de Mario Draghi n'est pas remis en cause, sa nomination pourrait ne pas nécessairement intervenir dès jeudi soir, comme attendu, mais dans les jours ou semaines qui viennent afin de maintenir la pression sur Rome, ont indiqué plusieurs sources diplomatiques.

Vendredi, les discussions se centreront sur l'adhésion de la Croatie au bloc communautaire, attendue pour 2013, ainsi que sur la situation en Syrie, en Libye et au Proche-Orient.

Rédaction européenne

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