L'Union des VTC appelle à une grève illimitée des chauffeurs à compter de ce samedi en se déconnectant des plateformes type Uber ou Chauffeur privé et à participer à des actions de mobilisation et de blocage dans plusieurs grandes villes françaises.

Les chauffeurs VTC sont appelés à une grève illimité pour réclamer un tarif minimum (photo d'illustration)
Les chauffeurs VTC sont appelés à une grève illimité pour réclamer un tarif minimum (photo d'illustration) © AFP / Thomas SAMSON

Les concurrents des taxis souhaitent mettre la pression sur Elisabeth Borne. A compter de ce samedi, les organisations syndicales et les collectifs, regroupés au sein de l'Union des VTC, appellent tous les chauffeurs à se déconnecter des plateformes en ligne et à se joindre à des "actions de blocages, manifestations et regroupements organisés sur l'ensemble du territoire" pour montrer leur détermination.

Les VTC espèrent ainsi forcer le gouvernement à mettre un coup d'accélérateur autour de la mission de réflexion sur la régulation du secteur, amorcée par la ministre des Transports le 8 décembre dernier.

L'Union des VTC, qui regroupe notamment la CFDT-VTC/Loti et FO, réclame une tarification "leur permettant de vivre" et s'inquiète de ne voir aucune avancée significative de la part du gouvernement.

Conclusions attendues en mars

Les conclusions de la mission sont toutefois annoncées pour mars et devront "proposer des pistes au gouvernement". En fin d'année, Elisabeth Borne avait relevé, à l'issue d'une concertation avec les organisations de chauffeurs VTC, taxis et plateformes de réservation, "des positions très divergentes", en particulier sur "la réglementation du temps de conduite et la mise en place d'une tarification minimale".

La ministre a rappelé que seuls les titulaires de la carte VTC pourront exercer au 1er janvier, conformément à la loi Grandguillaume de décembre 2016, qui a durci les conditions d'accès à la profession.

Un jeu pour comprendre les difficultés des chauffeurs VTC

Ces réflexions autour de la réglementation du temps de conduite et de la rémunération des chauffeurs indépendants rattachés aux plateformes telles que Uber ou Chauffeur privé, pour ne citer qu'elles, ne sont pas anodines. Pour s'assurer un revenu convenable, de nombreux VTC pratiquent un nombre d'heures élevé qui n'est pas sans risque en matière de sécurité routière.

Incitations à travailler aux heures de pointe, exigence de véhicules récents et haut de gamme... Le service initialement proposé par les VTC les contraint à des charges élevées en location ou achat de véhicule, notamment. Des contraintes illustrées dans un jeu du Financial Times, The Uber Game, lancé en octobre dernier, qui consiste à tenter de générer en une semaine à San Francisco un revenu suffisant pour rentrer dans ses frais. Et force est de constater que ce n'est pas chose facile.

En conduisant 51 heures dans la semaine, une fois les frais réglés, on parvient à un score honorable mais... pas suffisant.
En conduisant 51 heures dans la semaine, une fois les frais réglés, on parvient à un score honorable mais... pas suffisant. / Capture d'écran The Uber Game sur le Financial Time
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