Laurent Joffrin a déjà dirigé Libé qu'il connait bien
Laurent Joffrin a déjà dirigé Libé qu'il connait bien © Radio France / maxppp

Les salariés du quotidien Libération n'ont pas offert de chèque en blanc à Laurent Joffrin. Marqué par plusieurs mois de conflit avec l'actionnaire actuel du journal, le personnel est méfiant.

Laurent Joffrin a été nommé directeur de la rédaction de Libération ce mercredi à une faible majorité, avec 112 voix pour (52,8%) et 100 voix contre (47,2%) et 14 bulletins blancs, selon les chiffres donnés sur l site du journal.

Le journaliste de 62 ans, qui a déjà dirigé le quotidien avait expliqué son nouveau projet lundi passé devant le personnel. Joffrin a mis en avant deux idées maitresses, le numérique et le maintien des valeurs de gauche d'un "nouveau Libération". Avec lui, arrive celui qu'il nomme "numéro un bis ", à savoir Johan Hufnagel, ex-rédacteur en chef du site web de Libération et actuel rédacteur en chef de Slate.fr.

Libération subit depuis plusieurs années une baisse nette des ventes. Depuis presque un an, le quotidien est au bord de la faillite. Le journal est sous les 100.000 exemplaires, avec 95.445 en avril dont moins de 64.000 hors ventes aux tiers (compagnies aériennes, institutions...) et moins de 30.000 exemplaires vendus en kiosque.

Libération doit être racheté et recapitalisé à hauteur de 18 millions d'euros. Cet argent est apporté principalement par le patron de Numericable et acquéreur de SFR. Patrick Drahi deviendra actionnaire à hauteur de 50% de la holding détenant Libération. Le reste du capitale sera détenus par l'homme d'affaires Bruno Ledoux et de plusieurs autres actionnaires.

Qui dit changement d'actionnaire dit clause de cession, qui permet aux journalistes candidats au départ de partir dans de bonnes conditions financières. LA nouvelle direction évoque une cinquantaine de départs sur 180 journalistes pour un coût total de 7 millions d'euros.

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