Le rapport annuel de la Cour des comptes sur la gestion de l'argent public a été publié ce mercredi. Cette année, il épingle notamment les contrats aidés, les services de sécurité privée ou les compteurs électriques nouvelle génération.

Les compteurs Linky sont aussi dans le collimateur de la cour des comptes
Les compteurs Linky sont aussi dans le collimateur de la cour des comptes © AFP / Damien Meyer

C'est un document scruté de près par les services publics chaque année : le rapport annuel de la Cour des comptes a été publié ce mercredi matin. La juridiction met en garde le gouvernement contre tout "relâchement", et regrette une "très faible baisse" du déficit public programmée pour 2018. 

Les contrats aidés mal ciblés 

Le constat des Sages est sévère sur le dispositif des contrats aidés, et vaut pour l'ancien comme pour le nouveau gouvernement. Pour les magistrats de la Cour des comptes, c'est la priorité donnée aux statistiques du chômage qui a conduit à maintenir un volume élevé d'emplois aidés, malgré des résultats décevants : moins d'un sur trois accède à un emploi durable six mois après la fin de son contrat. La raison est simple : une personne en contrat aidé est employée quelques mois, mais insuffisamment formée. Dans le public, moins de la moitié des bénéificiaires ont suivi une formaiton, 

Les contrats sont mal ciblés, selon la Cour : la proportion de bénéficiaires peu qualifiés ou titulaires de minima sociaux a baissé, passant de 43% en 2008 à 31% en 2016. Pour les Sages, la décision de l'actuel gouvernement de les réserver au secteur public et à certains employeurs tels que l'éducation nationale constitue un dévoiement du dispositif : dans l'éducation nationale, on embauche en contrats aidés des auxiliaires de vie scolaire plutôt que des contractuels pour accompagner les élèves handicapés.  

Les magistrats pointent des abus, et dans la plupart des cas, aucune sanction. Mal connue et soumise à des contrôles insuffisants, la fraude aux contrats aidés n'est pas dans le viseur des pouvoirs publics.   

Le compteur Linky est-il vraiment utile ? 

Selon la Cour des comptes, le compteur connecté Linky ne sert pas à grand-chose. Le projet mal piloté et coûteux a une rentabilité médiocre... pour les usagers. Linky n'apportera pas la maîtrise de la consommation annoncé, analysent les sages de la rue Cambon, en raison d'une "absence d'information simple et directe pour maîtriser ses dépenses d'énergie". 

Aussi en cause : une "durée de vie du compteur limitée", et le fait que l'installation de Linky sera répercutée sur les factures d'électricité à partir de 2021. Sur les questions sanitaires et la protection des données, l'usager n'a jamais été au cœur du pilotage du projet, souligne la Cour des comptes, ajoutant que des réponses concrètes et rapides auraient permis de rassurer rapidement les usages.  

La Cour souligne enfin que d'autres pays européens, comme l'Allemagne ou la Belgique, ont renoncé à cette technologie, considérant que le compteur connecté coûtait plus cher que ce qu'il permettait d'économiser.  

Les reproches de la Cour des comptes
Les reproches de la Cour des comptes © Visactu

Les piscines publiques 

Selon la Cour des comptes, les piscines publiques plombent les comptes des municipalités. Elles coûtent en moyenne 25 millions d'euros à construire, ont des coûts d'exploitation trop élevés et des recettes "modérées par l'exercice de missions de service public". Les piscines coûtent en moyenne 640 000 euros par an aux collectivités, bien souvent incapables de mesurer ces coûts.  

Les Sages préconisent de transférer la gestion des piscines aux intercommunalités pour "réduire le montant de leur prise en charge", et de faire payer les clubs et associations qui y sont installés.  

"Renforcer la confiance" dans les vaccins 

La Cour des comptes ne fustige pas l'augmentation du nombre de vaccins, qu'elle juge "nécessaire", mais estime qu'il y a "une confiance à conforter" : c'est d'ailleurs le titre du chapitre consacré aux vaccins dans le rapport. Les Sages préconisent donc un ensemble de mesures, comme la généralisation de la vaccination par les pharmaciens, la généralisation "d'un carnet de santé électronique", ou encore une "implication plus active de la médecine sociale dans la vaccination".  

Les entreprises de sécurité privée 

Pour la première fois, la Cour épingle également les entreprises de sécurité privée dans une enquête inédite, qui s'intéresse notamment aux fan-zones de l'Euro à Saint-Etienne, où les fouilles ont été jugées "défaillantes".  

PLUS D'INFOS : Les entreprises de sécurité privée pas vraiment fiables selon la Cour des comptes

Les stations de ski 

L'un des autres chapitres du rapport est consacré à l'avenir des stations de ski, qui, du fait du réchauffement climatique, vont devoir s'adapter ou se reconvertir. "La viabilité économique de l'exploitation d'un domaine skiable suppose une durée minimale d'ouverture de 100 jours", selon le rapport, qui déplore que les questions environnementales soient "insuffisamment prises en compte dans l'exploitation des installations existantes".  

PLUS D'INFOS : Climat : le ski est-il déjà mort ?

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.