PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a proposé dimanche d'exonérer de charges les embauches de chômeurs de plus de 55 ans et annoncé son intention, s'il est réélu, de contraindre les régions à suivre l'exemple de l'Etat en ne remplaçant pas un départ à la retraite sur deux dans leurs effectifs.

Invité de l'émission Capital sur M6, le président candidat a jugé "raisonnable" la prévision de croissance de 2% de l'économie française retenue par le gouvernement pour 2013, tout en laissant entendre qu'une révision n'était pas exclue à l'occasion d'une réunion prévue ce lundi.

Interrogé sur la différence avec le cadrage des propositions de son rival socialiste François Hollande, qui prévoit 1,7% de croissance en 2013, il a répondu: "J'ai une réunion demain avec le gouvernement pour voir ce qu'il en est : ce sont des prévisions. Est-ce qu'on sera à 1,7% ou à 2%, c'est vraiment l'épaisseur du trait."

Il a exclu de renoncer au non remplacement d'un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique d'Etat et annoncé son intention d'étendre cette mesure aux grandes collectivités territoriales, à savoir les régions, en leur reprochant d'avoir augmenté leurs effectifs "de 175%" ces dix dernières années.

Prié de dire comment il s'y prendrait, il a déclaré: "Je pense qu'on va arriver à les convaincre et, si on ne devait pas les convaincre, c'est le législateur qui devrait imposer un certain nombre de règles. On ne peut pas continuer comme ça."

Nicolas Sarkozy s'est prononcé contre la désindexation des retraites suggérée par la Cour des comptes dans son dernier rapport et a promis de ne pas toucher à l'âge légal de départ à la retraite (62 ans).

De même, il a dit ne pas penser que la réponse à la crise passait par une baisse des indemnisations des chômeurs.

Sur le chômage, il a réitéré son intention de recourir à un référendum s'il ne parvenait pas à faire passer le droit à la formation des chômeurs, qui s'accompagnerait d'une obligation d'accepter les emplois proposés.

Il a proposé dans le même temps une exonération "permanente" de charges patronales pour les embauches de chômeurs de plus de 55 ans en contrat à durée indéterminée ou en contrat à durée déterminée d'au moins six mois.

DÉPASSEMENTS D'HONORAIRES

Le gouvernement avait envisagé début 2011 une telle mesure, qui se serait appliquée pour les charges au niveau du smic, avant d'y renoncer en raison notamment de son coût, et de lui préférer une aide de 2.000 euros par embauche d'un chômeur de plus de 45 ans dans le cadre d'un contrat de professionnalisation.

Nicolas Sarkozy n'a pas donné cette fois de chiffre, soulignant seulement que le taux d'emploi des seniors avait augmenté, selon lui, de huit points depuis 2007 pour rattraper "tout juste" la moyenne européenne.

Il a dévoilé d'autre part une série de mesures en faveur des PME et a pris des engagements pour lutter contre l'inflation des normes afin d'abaisser leur coût pour la société.

Interrogé sur le coût du système de santé, il a reconnu qu'il faudrait "limiter" les dépassements d'honoraires. Mais il n'a prôné pour cela que des discussions avec les organisations de médecins, parlant d'une "question de bon sens", pour ne pas froisser une profession qui vote majoritairement à droite.

Il a évoqué également la nécessité d'installer des "maisons de médecins de ville" à côté des hôpitaux pour désengorger les urgences.

En cas de réélection, il a indiqué que sa première mesure concernerait le coup de pouce au pouvoir d'achat des bas salaires proposé peu après son entrée en campagne sous la forme d'une exonération de charges qui serait financée par un redéploiement de la prime pour l'emploi et une hausse de la fiscalité des dividendes.

Il a enfin déclaré qu'il avait une "idée" sur le choix de son futur Premier ministre, sans toutefois en dire plus : "J'ai une idée. Mais je la garde pour ma prochaine invitation."

Edité par Tangi Salaün

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