FO et l'UNEF ont compte entre 400.000 et 500.000 manifestants mercredi en France contre la loi El Khomri. La police parle elle d'un chiffre de 224.000 pour une mobilisation plutôt réussie.

La CGT, FO, Solidaires et plus d'une vingtaine de mouvements de jeunesse comme Unef, Fidl et UNL et le Mouvement des jeunes socialistes (MJS)avaient appelé à cette journée d'action qui s'est également traduite par le blocage de 90 des 2.500 lycées du pays. Parallèlement à une grève des cheminots, dont les revendications portent sur les conditions de travail, 250 rassemblements ou actions diverses ont été organisées.

A cinq jours de la conclusion des consultations menées par le gouvernement sur ce projet de réforme, dont une partie de la gauche et des syndicats ne veut pas, alors que la pétition contre la loi a déjà recueilli 1.230.000 signatures, les manifestants qui demandent le retrait et non la modification de la loi, voulainet rappeler au gouvernement que la rue a réussi à tuer le CPE en 2006.

Dans toute la France

Ils étaient 7.000 à plus de 10.000 à Lyon, selon les chiffres de la police et des organisateurs, le défilé a donné lieu à des heurts entre manifestants et policiers, qui ont essuyé des jets de pierre et riposté au moyen de gaz lacrymogènes. Entre 10 .000 et 20.000 sous la pluie à Toulouse. De 9.000 à 15.000 à Bordeaux et de 4.500 à 6.000 à Rennes. A Clermont, plus de 5.000 manifestants (préfecture). A Strasbourg, entre 4.000 et 5.000 personnes, selon la police et les syndicats. A Tours, entre 4.000 et 8.000 personnes. A Rouen: 4.500 à 10.000 personnes.

FO écrit dans un communiqué :

Il appartient maintenant au gouvernement de prendre conscience du rejet de son projet et d'en tirer les conséquences.

Pour Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, qui défilait en tête du cortège parisien :

Partout en France, c'est une première grosse mobilisation. On démarre fort et il faut donc continuer à élargir

Le projet de loi de la ministre du Travail Myriam El Khomri doit être présenté en Conseil des ministres le 24 mars.

L'Unef appelle déjà à une "nouvelle journée d'action" le jeudi 17 mars "dans toutes les universités" pour demander le retrait du projet de réforme du droit du travail. La CGT, FO et Solidaires prévoient une nouvelle journée de grèves et manifestations le 31 mars.

Syndicats, étudiants et parlementaires cote à coté

Une quinzaine de parlementaires PS frondeurs participaient mercredi à la manifestation contre la loi travail à Paris pour Christian Paul, chef de file des frondeurs, qui défilait avec Pascal Cherki et Laurent Baumel.

C'est la première fois que je participe à une manifestation depuis le début du quinquennat (...) Nous devons être en première ligne à l'Assemblée nationale pour demander le retrait du texte. Mais nous devons aussi montrer aux salariés que nous sommes directement dans ce comba.

Une manifestation qui a reussi à faire défiler des militants très différents, comme l'a constaté Laurence Peuron

Est-ce la bonne stratégie ? Pour Jean-Marie Le Guen, la mobilisation "n'a pas fait la démonstration du refus de ce projet de loi". Le ministre des Relations avec le Parlement, interrogé sur Itélé, était le premier membre du gouvernement à s'exprimer après la manifestationNous allons travailler, nous regardons les choses avec beaucoup de sérénité", a-t-il assuré ajoutant qu'ne éventuelle surtaxe des CDD "fait partie des discussions" entre le gouvernement et les partenaires sociaux.

Les consultations avec les partenaires sociaux sont terminées pour le moment. Le Premier ministre doit leur proposer une nouvelle mouture du texte lundi prochain. Beaucoup de dossiers sont encore en suspens. Matignon travaille à une nouvelle piste selon France Info, il s’agirait de surtaxer les CDD pour inciter les employeurs à embaucher en CDI.

Mais si "les curseurs peuvent bouger", dit-on dans l'entourage de Manuel Valls, pas question de remettre en cause l'équilibre général du texte. C'est ce que défendait aussi Sébastien Denaja, député PS de l'Hérault, ce mercredi après-midi à l'Assemblée.Lui ne minimise pas la mobilisation :

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.